Statium Blog
[  Christophe Masutti  ]
   

# Stiegler

Depuis son origine, et sous la pression d’un secteur économique désormais hégémonique, le web a évolué en un sens qui l’a profondément dénaturé, au point d’en faire un instrument d’hypercontrôle et d’imposition d’une gouvernance purement computationnelle de toutes choses. Privilégiant à outrance l’automatisation mise au service de modèles économiques devenus la plupart du temps ravageurs pour les structures sociales, cette évolution a affaibli toujours plus gravement les conditions d’une pratique réflexive, délibérative, outre les aspects révélés par Edward Snowden.

Le 19 juillet 2014, le journal Le Soir révélait à Bruxelles que selon des estimations américaines, britanniques et belges, la France, la Belgique, le Royaume-Uni, l’Italie, la Pologne et les États-Unis pourraient perdre entre 43 et 50 % de leurs emplois dans les dix à quinze prochaines années. Trois mois plus tard, le Journal du dimanche soutenait que trois millions d’emplois seraient condamnés à disparaître en France au cours des dix prochaines années.

La dissémination des technologies numériques dans toutes les couches sociales de tous les pays industrialisés transforme inexorablement les relations entre les individus, les groupes, les générations et les nations. La croissance spectaculaire des réseaux sociaux affecte tous les milieux, et vient transformer les règles du jeu socio-économique dans son ensemble, tant pour les individus que pour les entreprises et organisations, et dans tous les domaines de la vie. Or – en première analyse – ces nouveaux réseaux peuvent sembler des réseaux non sociaux, voire même antisociaux.