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    <title>Informatique on Framatophe</title>
    <link>https://golb.statium.link/tags/informatique/</link>
    <description>Recent content in Informatique on Framatophe</description>
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    <managingEditor>situveuxmonadresse@demande-la.moi (Christophe Masutti)</managingEditor>
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    <item>
      <title>Apprendre à marcher</title>
      <link>https://golb.statium.link/post/20191006framemancipation/</link>
      <pubDate>Sun, 06 Oct 2019 00:00:00 +0000</pubDate>
      <author>situveuxmonadresse@demande-la.moi (Christophe Masutti)</author>
      <guid>https://golb.statium.link/post/20191006framemancipation/</guid>
      <description>&lt;p&gt;Lancé par Framasoft en 2014, le grand projet « &lt;a href=&#34;https://degooglisons-internet.org/fr/&#34;&gt;Degooglisons Internet&lt;/a&gt; » a agit pour beaucoup comme un révélateur. Il devenait en effet possible d&amp;rsquo;utiliser des services en ligne sans accroître sa dépendance aux grands monopoles du &lt;em&gt;web&lt;/em&gt;. L&amp;rsquo;objectif du projet de Framasoft était d&amp;rsquo;accompagner chaque service d&amp;rsquo;une rubrique d&amp;rsquo;aide et d&amp;rsquo;incitation à l&amp;rsquo;installation pour des besoins individuels ou collectifs. Après avoir fait goûter le plat, il fallait en donner la recette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tout cas c&amp;rsquo;est ainsi qu&amp;rsquo;il fut promu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En réalité, les membres de Framasoft ont largement mûri leurs intentions au fur et à mesure que les services se multipliaient et le nombre d&amp;rsquo;utilisateurs croissait. Des questions existentielles se sont posées au sujet d&amp;rsquo;une réputation hégémonique de l&amp;rsquo;association, au sujet de la charge technique, de la charge de modération, et surtout sur le besoin de plus en plus pressant d&amp;rsquo;identifier en France et à travers le monde des groupes similaires susceptibles de proposer des solutions de « dégooglisation ». Un début de réponse à nos inquiétudes est devenue de plus en plus évident : nous savions bien sûr que tous les utilisateurs ne sont pas des fondus d&amp;rsquo;informatique et n&amp;rsquo;ont pas forcément envie ou les compétences d&amp;rsquo;installer des serveurs et des logiciels, mais nous avons aussi constaté à quel point il fallait pousser la vague de collectivisation et d&amp;rsquo;appropriation du Libre dans ce domaine. Rendre des collectifs libristes plus solidaires, mieux connus, et faire naître des initiatives sérieuses, tel fut l&amp;rsquo;objectif du projet &lt;a href=&#34;https://chatons.org&#34;&gt;CHATONS&lt;/a&gt; et, au-delà, de l&amp;rsquo;orientation plus générale (et plus mature ?) voulue par l&amp;rsquo;initiative &lt;a href=&#34;https://contributopia.org/fr/&#34;&gt;Contributopia&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon le public concerné, le projet « Dégooglisons Internet » recèle des messages différents :&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Les services sont basés sur des logiciels libres. Ils sont autant de preuves qu&amp;rsquo;il est possible de construire une offre alternative aux GAFAM sur du code libre tout en y contribuant. Le cycle est vertueux.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;« Degooglisons Internet » permet d&amp;rsquo;évaluer ces logiciels, estimer leurs capacités de charge, les mettre à l&amp;rsquo;épreuve dans un contexte de production avec un nombre conséquent d&amp;rsquo;utilisateurs. Pour certains les essais sont concluants, d&amp;rsquo;autres non. D&amp;rsquo;autres encore ont finalement été mis de côté, non pas en raison d&amp;rsquo;un manque de connaissances techniques mais à cause des contraintes de gestion qu&amp;rsquo;ils impliquent (c&amp;rsquo;est le cas de la solution de courrier électronique).&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;les services respectent les données des utilisateurs et nous n&amp;rsquo;en faisons aucun usage déloyal. En fait, le modèle économique qui se présente, qu&amp;rsquo;il soit associatif ou entrepreneurial, n&amp;rsquo;est tout simplement pas basé sur de l&amp;rsquo;offre marketing ou publicitaire. Il n&amp;rsquo;y a donc aucune pression quant à valoriser les données des utilisateurs. En revanche il faut développer à chaque fois des outils pour que l&amp;rsquo;utilisateur ne soit pas prisonnier du système en place (export des données en quelques clics, chiffrement, sécurité des comptes, règlement RGPD, etc.). Et certains de ces défis sont encore à relever.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;le projet « Degooglisons Internet » a montré assez exactement comment établir des relations de confiance dans les échanges entre un hébergeur et un utilisateur. La renommée d&amp;rsquo;une association comme Framasoft peut y être pour beaucoup, mais cela ne suffit clairement pas. C&amp;rsquo;est pourquoi le collectif CHATONS possède un manifeste et une charte assez contraignants.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Finalement, on constate à quel point la confiance et la solidarité entretiennent des relations étroites d&amp;rsquo;interdépendance. La confiance est l&amp;rsquo;élément décisif non seulement parce que depuis 2013-2014 les révélations Snowden ont largement entamé le capital confiance des GAFAM (et des États), mais surtout parce que nos dépendances aux dispositifs technologiques placent nos vies sous surveillance. Ces capteurs de données construisent nos doubles numériques dans lesquels nous n&amp;rsquo;avons aucune raison de nous reconnaître. Lorsque nous le faisons, nous agissons comme des consommateurs dont le comportement est conformé au marché, avec l&amp;rsquo;illusion de la liberté de choix, et les contraintes propres aux marchés bifaces qui conditionnent l&amp;rsquo;usage au pillage des données. Au contraire la confiance repose sur le choix éclairé et des engagements clairs de respect mutuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous le savions déjà.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce cas, pourquoi les utilisateurs ne sont donc pas plus nombreux à réclamer à cor et à cris la « dégafamisation » d&amp;rsquo;Internet ? Certains politiques commencent à entretenir des discours dans ce sens (même si cela relève bien souvent d&amp;rsquo;un &lt;a href=&#34;https://framablog.org/2019/04/03/elle-veut-casser-les-gafam-vraiment/&#34;&gt;autre abus de confiance&lt;/a&gt;). Plus crédibles, beaucoup d&amp;rsquo;initiatives collectives, plus ou moins militantes, comptent en leurs rangs de plus en plus de personnes sensibles à la question de l&amp;rsquo;invasion de nos vies privées, parce que leurs combats sont en réalité très proches d&amp;rsquo;une remise en question plus générale des dégâts environnementaux et sociaux du capitalisme. D&amp;rsquo;autres mouvements s’engagent sur d&amp;rsquo;autres fronts, en particulier l&amp;rsquo;éducation populaire, et là aussi sont extrêmement sensibilisés aux conditions de nos libertés.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela fait du monde, dans notre petit cercle de consommateurs de démocraties libérales. Pour d&amp;rsquo;autres pays c&amp;rsquo;est la question de la liberté d&amp;rsquo;expression et d&amp;rsquo;autres urgences sociales qui finiront par mettre en perspective le monopole des GAFAM. Et pour les dictatures, la question de la liberté de choix est de toute façon hors de propos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors devant ces inégalités, devant ces aspirations à l&amp;rsquo;égalité et à la liberté, pourquoi tant d&amp;rsquo;utilisateurs demeurent encore dans la caverne des GAFAM, admirant les promesses malhonnêtes projetées sur la paroi ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De manière non exhaustive, on peut diagnostiquer :&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Par désintérêt. C&amp;rsquo;est à nous de nous interroger alors à propos des bouleversements sociologiques et psychologiques de l&amp;rsquo;envahissement des dispositifs numériques dans nos quotidiens, et comprendre pourquoi les solutions alternatives peinent, dans leur complexité, à se faire entendre.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Par ignorance. Les libristes ont longtemps cru qu&amp;rsquo;il suffisait de montrer pour faire adopter. Mais cette époque est révolue (même si certains discours persistent et en deviennent même culpabilisants). L&amp;rsquo;ignorance relève surtout de l&amp;rsquo;aveuglement des institutions : la solution réside dans l&amp;rsquo;éducation populaire.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Par résignation. Oui, il faut du temps pour remettre en question des pratiques dont, par impératif d&amp;rsquo;immédiateté, les GAFAM et les États ont provoqué l&amp;rsquo;adoption à marche forcée. On en voit les stigmates, par exemple, dans les inégalités d&amp;rsquo;accès aux services publics « numérisés », alors que les plus éloignés de ces pratiques subissent la double peine de l&amp;rsquo;exclusion sociale et de l&amp;rsquo;exclusion numérique.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Par stupidité. C&amp;rsquo;est le seul discours culpabilisant que je pourrai prononcer ici : oui, il faut être stupide lorsque, en connaissance de cause, on choisi de se complaire dans le profil du consommateur arrogant pour lequel la fiabilité matérielle est un autre mot pour dire « pouvoir d&amp;rsquo;achat ».&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Par naïveté. Certains choix collectifs sont de mauvaises décisions. Lorsque par exemple une entreprise ou une administration publique préfère s&amp;rsquo;en remettre aux produits des GAFAM en éludant volontairement que ces firmes américaines sont les support d&amp;rsquo;une autre hégémonie, politique et militaire (celle des États-Unis qui, en vertu du &lt;a href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/CLOUD_Act&#34;&gt;Cloud Act&lt;/a&gt;, assimile nos dispositions législatives, comme le RGPD, à des boucliers de papier). Et s&amp;rsquo;il ne s&amp;rsquo;agit pas de naïveté, on flirte dangereusement avec la trahison.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Malgré tout cela, et alors même qu&amp;rsquo;on pourrait penser que Framasoft a la prétention d&amp;rsquo;être comme un phare dans la nuit, l&amp;rsquo;association a récemment annoncé un plan de fermeture de plusieurs de ses services.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Abandon du navire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il importe de se rappeler la première intention du projet « Degooglisons Internet » : proposer une démonstration de services basés sur du logiciel libre pour que d&amp;rsquo;autres puissent se les approprier. En effet, comme le font certains, prétendre que Framasoft aurait découvert aujourd&amp;rsquo;hui les contraintes liées à l&amp;rsquo;hébergement de services ou que le logiciel libre n&amp;rsquo;est pas à la hauteur, c&amp;rsquo;est nier 5 années de développement de support à l&amp;rsquo;installation, de contribution à ces logiciels et oublier aussi que, justement, le succès de ces services est en fait une consécration des logiciels en question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors pourquoi ce plan de fermeture ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&amp;rsquo;abord tous les services ne fermeront pas leurs portes. Il suffit de lire attentivement &lt;a href=&#34;https://framablog.org/2019/09/24/deframasoftisons-internet/&#34;&gt;les annonces&lt;/a&gt; pour comprendre que la fermeture des services sur un temps long est en soi un projet ! C&amp;rsquo;est le projet d&amp;rsquo;une émancipation. C&amp;rsquo;est bien ce mot qu&amp;rsquo;il faut entendre derrière « déframasoftisons internet ».&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Framasoft a d&amp;rsquo;autres projets d&amp;rsquo;envergure. Ils seront annoncés en temps et en heure. En attendant, j&amp;rsquo;estime que chacun d&amp;rsquo;entre nous a le devoir de suivre un précepte : cesser d&amp;rsquo;attendre que des offres toutes cuites fassent leur apparition comme si la confiance que des bénévoles portent sur leurs épaules était après tout une offre comme une autre dans le paysage de la consommation de masse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous êtes membre d&amp;rsquo;une association, d&amp;rsquo;un groupe de musique, d&amp;rsquo;une bande de copains, d&amp;rsquo;une équipe sportive… et vous n&amp;rsquo;êtes pas un manche avec un clavier et un écran ? Alors allez-y, prenez un peu de ce temps bénévole pour aider vos amis à s&amp;rsquo;émanciper dans de bonnes conditions en endossant vous-même la responsabilité de leurs données et donc leur confiance. Selon vos compétences, offrez-leur d&amp;rsquo;héberger des images avec &lt;a href=&#34;https://framacloud.org/fr/cultiver-son-jardin/lutim.html&#34;&gt;Lutim&lt;/a&gt;, un dépôt de fichier avec &lt;a href=&#34;https://framacloud.org/fr/cultiver-son-jardin/lufi.html&#34;&gt;Lufi&lt;/a&gt; ou carrément un service &lt;em&gt;cloud&lt;/em&gt; avec &lt;a href=&#34;https://framacloud.org/fr/cultiver-son-jardin/nextcloud.html&#34;&gt;Nextcloud&lt;/a&gt;, etc. Qui prétend que de telles solutions devraient réunir des milliers d&amp;rsquo;utilisateurs ? Si vous les utilisez pour vous, pourquoi ne pas en faire profiter vos amis ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous n&amp;rsquo;y connaissez rien ? Prenez alors encore un peu de temps pour &lt;a href=&#34;https://chatons.org/fr/find&#34;&gt;trouver un CHATONS&lt;/a&gt; et ramenez-y vos amis. Vous pourrez aussi leur apprendre quelques astuces d&amp;rsquo;usage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&amp;rsquo;argent ? oui, c&amp;rsquo;est le nerf de la guerre. Les modèles économiques des GAFAM ont trop longtemps fait croire aux utilisateurs qu&amp;rsquo;une adresse courriel, l&amp;rsquo;hébergement de données ou n&amp;rsquo;importe quel service devait être gratuit. C&amp;rsquo;est impossible. Nous devons réapprendre à estimer les coûts de nos besoins. Lorsqu&amp;rsquo;une association investit dans un serveur, il me semble normal que les utilisateurs contribuent à ces frais. Nous parlons de quelques euros par an. Et si vous décidez de vous lancer par exemple avec une solution &lt;a href=&#34;https://yunohost.org/#/&#34;&gt;Yunohost&lt;/a&gt; que vous dédiez à votre famille, un nom de domaine vous coûtera moins de 20 euros par an, et un serveur entre 5 et 10 euros par mois (d&amp;rsquo;expérience, pour héberger quelques fichiers, les contacts et les agendas de la famille, cela me revient à moins de 60 euros par an).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, cent fois oui, tout le monde ne peut pas dépenser &lt;em&gt;encore&lt;/em&gt; quelques dizaines d&amp;rsquo;euros pour une solution courriel payante ou un hébergement chez un CHATONS. L&amp;rsquo;abonnement internet et téléphonie portable coûte déjà bien assez d&amp;rsquo;argent comme cela. Cela reste toutefois, pour beaucoup d&amp;rsquo;autres personnes, une simple affaire de choix, entre cela et dépenser &lt;em&gt;encore&lt;/em&gt; plusieurs centaines d&amp;rsquo;euros pour un téléphone portable qui fait le café. Ne généralisons pas mais restons lucides : derrière la gratuité des services des GAFAM le discours de l&amp;rsquo;égalité d&amp;rsquo;accès aux services est un vaste mensonge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette gratuité s&amp;rsquo;est certes déclarée au détriment de nos vies privées, mais pas uniquement ! Elle est aussi la condition d&amp;rsquo;une dégradation des services : au détriment de la sécurité des données, au détriment des règles de chiffrement, au détriment de l&amp;rsquo;interopérabilité, au détriment de la liberté d&amp;rsquo;expression (notamment sur les médias sociaux), et surtout… surtout au détriment de nos savoirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenons le cas d&amp;rsquo;un usage assez simple comme configurer les options d&amp;rsquo;un clients de courriel (ses protocoles POP, IMAP, SMTP ou la sécurité SSL, TLS, les ports de connexion…). Tout cela, personne n&amp;rsquo;est tenu d&amp;rsquo;y comprendre goutte et d&amp;rsquo;ailleurs la plupart des bons logiciels client de courriel proposent d&amp;rsquo;automatiser les procédures. Mais il reste très important de savoir qu&amp;rsquo;en cas de besoin, on peut y avoir accès. Tout comme il est important de savoir qu&amp;rsquo;en cas de besoin et avec un peu de patience et de logique je peux changer seul la chambre à air de ma roue de vélo même si je vais chez un réparateur pour le faire. Au lieu de cela les services des GAFAM nous ont privé de ces savoirs : des savoirs censés être disponibles, pas forcément obligatoires mais présents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sortie de la caverne de Platon, ou le &lt;em&gt;sapere aude&lt;/em&gt; d&amp;rsquo;E. Kant (dans « Qu&amp;rsquo;est-ce que les Lumières ? »), c&amp;rsquo;est exactement de cela dont il s&amp;rsquo;agit. Il est bien plus grave de ne pas pouvoir se servir de son entendement que de ne pas apprendre. L&amp;rsquo;éducation populaire dont se réclame Framasoft a au moins cette prétention : si les alternatives aux GAFAM doivent être des modèles d&amp;rsquo;équilibre entre les usages et la confiance, il doivent surtout rendre de nouveau accessibles les savoirs dont nous privent les GAFAM.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Après les avoir d’abord abêtis en les traitant comme des animaux domestiques, et avoir pris toutes leurs précautions pour que ces paisibles créatures ne puissent tenter un seul pas hors de la charrette où ils les tiennent enfermés, ils leur montrent ensuite le danger qui les menace, s’ils essayent de marcher seuls.
&amp;ndash; &lt;cite&gt;Emmanuel Kant, « Qu&amp;rsquo;est-ce que les Lumières ? » (1784), trad. fr. J. Barni, voir sur &lt;a href=&#34;https://fr.wikisource.org/wiki/Qu%E2%80%99est-ce_que_les_Lumi%C3%A8res_%3F&#34;&gt;Wikisource&lt;/a&gt;.&lt;/cite&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
</description>
    </item>
    
    <item>
      <title>Cybersyn / techno-socialisme</title>
      <link>https://golb.statium.link/post/20190114cybersyn/</link>
      <pubDate>Mon, 14 Jan 2019 00:00:00 +0000</pubDate>
      <author>situveuxmonadresse@demande-la.moi (Christophe Masutti)</author>
      <guid>https://golb.statium.link/post/20190114cybersyn/</guid>
      <description>&lt;p&gt;Voici un extrait (découpé) tiré de mon projet d&amp;rsquo;ouvrage à paraître chez C&amp;amp;F Édition. Il porte sur le projet Cybersyn dans le Chili des années 1970-1973. Peut-on hacker le socialisme ? y&amp;rsquo;en a qui ont essayé&amp;hellip;&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;mise-en-garde&#34;&gt;Mise en garde&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Entre 1970 et 1973, sous le gouvernement de Salvador Allende au Chili est né le projet Cybersyn. Ce fut une idée d&amp;rsquo;organisation cybernétique de gouvernement, une sorte de procédé semi-automatique d&amp;rsquo;organisation économique et politique&amp;hellip; un outil surprenant et esthétiquement peu éloigné des épisodes de Star Trek. On l&amp;rsquo;a aussi accusé d&amp;rsquo;être une tentative de contrôle des individus, mais sa courte vie ne permet pas vraiment de l&amp;rsquo;affirmer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant d&amp;rsquo;expliquer plus exactement ce qu&amp;rsquo;était ce projet (et nous irons progressivement), il faut prendre quelques précautions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cybersyn est un projet connu par toute personne qui s&amp;rsquo;intéresse à l&amp;rsquo;histoire de la cybernétique. En effet, il fut conçu par l&amp;rsquo;un des plus importants personnages de cette discipline, Stafford Beer. Dans son livre &lt;em&gt;Cybernetic Revolutionaries&lt;/em&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:1&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:1&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;, Eden Medina retrace l&amp;rsquo;aventure de manière détaillée, documentée, et sur la base des témoignages des participants. L&amp;rsquo;historien des sciences Andrew Pickering consacre lui aussi une grande partie de son ouvrage &lt;em&gt;The Cybernetic Brain&lt;/em&gt; à Stafford Beer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre personne s&amp;rsquo;y est récemment intéressé. Connu pour ses fines analyses du discours technophile dominant autour des &lt;em&gt;big data&lt;/em&gt;, Evgeny Morozov publia un article sur Cybersyn dans &lt;em&gt;The New Yorker&lt;/em&gt; en 2014. Il l&amp;rsquo;intitula : « The Planning Machine. Project Cybersyn and the origins of the Big Data nation »&lt;sup id=&#34;fnref:2&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:2&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;. Le parti pris de Morozov est de montrer combien le projet Cybersyn inaugurait l&amp;rsquo;ère de la surveillance via les données et les capteurs qui jalonnent nos quotidiens dans le monde capitaliste d&amp;rsquo;aujourd&amp;rsquo;hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet article d&amp;rsquo;E. Morozov ne m&amp;rsquo;a pas paru très convainquant. C&amp;rsquo;est ce qui m&amp;rsquo;a incité à m&amp;rsquo;intéresser de plus près à cet épisode étonnant du projet Cybersyn qui, à bien des aspects, appartient aussi à l&amp;rsquo;histoire de l&amp;rsquo;informatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;E. Morozov est allé un peu trop vite en besogne. Certes, Cybersyn peut tenir lieu d&amp;rsquo;illustration d&amp;rsquo;une politique victime du solutionnisme technologique (pour reprendre l&amp;rsquo;un des sujets chers à E. Morozov&lt;sup id=&#34;fnref:3&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:3&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;). Mais d&amp;rsquo;un point de vue méthodologique, à part l&amp;rsquo;idée (revue et rabâchée) d&amp;rsquo;un « œil de Moscou » à la sauce orwellienne, il est non seulement anachronique mais aussi exagéré d&amp;rsquo;établir une corrélation ou même un simple parallèle entre un modèle de gouvernement cybernétique des années 1970 et l&amp;rsquo;état de l&amp;rsquo;économie de la surveillance d&amp;rsquo;aujourd&amp;rsquo;hui. La question des monopoles du web, de la vie privée, de la surveillance de masse par des États, et les &lt;em&gt;big data&lt;/em&gt;, tout cela n&amp;rsquo;entre pas cette histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cybersyn est le fruit d&amp;rsquo;une période aujourd&amp;rsquo;hui bien révolue, celle où l&amp;rsquo;accumulation et le traitement des données par les institutions était vue comme la garantie d&amp;rsquo;une bonne gouvernance. On y croyait sérieusement. Et pas qu&amp;rsquo;au Chili, d&amp;rsquo;ailleurs : partout ! C&amp;rsquo;est la grande époque des grandes bases de données, pas seulement celle qui faisaient scandale, non… toutes celles qui, en réalité, donnaient corps au grand soir technocratique. Ces ambitions de contrôle ont rapidement fini par s&amp;rsquo;étioler au profit d&amp;rsquo;une science des organisations justifiant parfois d&amp;rsquo;elle-même son existence.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;lhistoire&#34;&gt;L&amp;rsquo;histoire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;À son arrivée au pouvoir en novembre 1970, Salvador Allende doit faire face à un Chili qui subissait une inflation catastrophique. Il prend des mesures économiques qui le confrontent à la bourgeoisie et fragilise sa position face au Congrès. Il mène en particulier un grand programme de nationalisation de l&amp;rsquo;industrie et de planification économique. Ce faisant, la difficulté est double : trouver un moyen pour diriger ce panel industriel (or, très vite un manque de personnel qualifié se fait sentir), et garantir face à la récession l&amp;rsquo;approvisionnement de matières premières et de pièces détachées.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il vint alors à l&amp;rsquo;idée d&amp;rsquo;un des hauts fonctionnaires de l&amp;rsquo;agence de la production et du développement (CORFO&lt;sup id=&#34;fnref:4&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:4&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;), Fernando Flores, de contacter un éminent spécialiste en recherche opérationnelle, le britannique Stafford Beer. La demande était relativement simple dans la formulation du besoin : pouvait-on appliquer les principes du management scientifique à une échelle nationale de manière à rationaliser la décision et contourner les difficultés locales ? En d&amp;rsquo;autres termes, et pour être plus clair : si des pièces détachées manquent ici, si une baisse de production est constatée là, plutôt que d&amp;rsquo;attendre que les décideurs locaux puissent s&amp;rsquo;entendre, ne serait-il pas préférable de centraliser les informations en temps réel et passer des ordres de manière à optimiser la réactivité de la production ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Commander et communiquer sont, depuis Norbert Wiener, l&amp;rsquo;alpha et l&amp;rsquo;oméga de la cybernétique. Entre les deux, les dispositifs techniques permettent l&amp;rsquo;automatisation, la transmission, l&amp;rsquo;apprentissage. Dès la rencontre entre Stafford Beer et Fernando Flores, il était évident qu&amp;rsquo;il était possible de construire un modèle de gouvernance cybernétique, appuyé par un système informatique adéquat, capable d&amp;rsquo;assurer le management de la production industrielle nationale. Le plan qu&amp;rsquo;ils élaborèrent ne devait cependant pas se contenter d&amp;rsquo;être une réponse à un besoin d&amp;rsquo;organisation de la productivité. Il devait inclure l&amp;rsquo;idéal socialiste de l&amp;rsquo;économie, c&amp;rsquo;est-à-dire briser-là les formes classiques de la planification.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par « forme classique de la planification », on peut comprendre la manière dont circule habituellement l&amp;rsquo;information et l&amp;rsquo;ordre dans les institutions. Les unités de production remontent des informations par le biais de rapports et de remplissage d&amp;rsquo;indicateurs, ce qui crée une masse de données que les décideurs doivent ingérer et comprendre. À partir de ces informations, ils proposent alors des orientations économiques ou des activations de leviers (par exemple une réduction d&amp;rsquo;impôts dans un secteur pour permettre l&amp;rsquo;investissement) elles-mêmes soumises à des enjeux de pouvoir et du lobbying, en particulier si les décisions sont prises de manière incohérentes. Ce manque de cohérence était en partie résolu avec la nouvelle orientation du CORFO voulue par le gouvernement Allende. Il restait néanmoins à coordonner efficacement la production et surtout intégrer les opérateurs dans la gestion, à toutes les échelles décisionnaires, dans l&amp;rsquo;optique d&amp;rsquo;une réappropriation populaire des outils de production.&lt;/p&gt;
&lt;figure&gt;
    &lt;img src=&#34;https://golb.statium.link/images/beer-cybersyn-plan-action-1024x658.png&#34;/&gt; &lt;figcaption&gt;
            &lt;h4&gt;Le plan d&amp;#39;action. S. Beer, Brain of the Firm, 2nd édition, 1981, p. 255&lt;/h4&gt;
        &lt;/figcaption&gt;
&lt;/figure&gt;

&lt;p&gt;Stafford Beer, dans son livre &lt;em&gt;Brain of the Firm&lt;/em&gt;, qu&amp;rsquo;il écrit simultanément au projet et publie en 1972, retrace son travail à partir duquel il donne une forme concrète à sa théorie des systèmes viables (Viable System Model, VSM). Les systèmes viables sont des systèmes adaptatifs et autonomes, capables de maintenir leur structure organisationnelle malgré un environnement changeant. L&amp;rsquo;inspiration est éminemment biologique&lt;sup id=&#34;fnref:5&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:5&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;5&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;. Pour Beer, chaque composante du gouvernement Chilien est un des 5 sous-systèmes qui composent un système viable. La présidence est au système 5, censée maintenir, par la décision politique, l&amp;rsquo;équilibre entre les stratégies rationnelles du système 4 (que sont les organes institutionnels) et l&amp;rsquo;impact de la décision au niveau concret, devant le peuple. Au système 1 à 3, on trouve dans l’ordre : 1) les activités primaires, 2) les canaux d’information et 3) les règles, droits et responsabilités (le contrôle) qui jouent l’interface entre système 4 et système 1. Tous les travailleurs sont au système 1 et contribuent à la viabilité de tout le système, de 1 à 4. L&amp;rsquo;apport essentiel du projet dans la gestion de la production de tout le pays réside à la fois dans un système de communication efficace censé recenser tous les indicateurs de l&amp;rsquo;état de production et du travail (état des stocks, état des  flux, et même l&amp;rsquo;absentéisme des travailleurs, etc.), dans la mise en place d&amp;rsquo;algorithmes censés traiter l&amp;rsquo;ensemble des données et fournir des indicateurs simplifiés pour faciliter la prise de décision. Enfin, il était envisagé par S. Beer une forme de récursivité travailleurs/citoyens-décideurs par le biais de référendum permanent (le projet Cyberfolk).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le système de Beer repose sur un emboîtement des VSM (Viable System Model) et s&amp;rsquo;applique à tout le Chili. Chaque entreprise nationale est un VSM placé sous l&amp;rsquo;autorité du CORFO et en même temps des VSM à plus petite échelle représentent les secteurs de l&amp;rsquo;économie (comme l&amp;rsquo;acier, le textile, l&amp;rsquo;alimentaire, les ressources minières…), d&amp;rsquo;autres VSM sont les sous-secteurs économiques jusqu&amp;rsquo;au niveau le plus bas : l&amp;rsquo;usine et l&amp;rsquo;équipe de travail. Pour chaque VSM, le travailleur participe à la gestion par la consultation que lui permet le système 4.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour obtenir un tel système il fallait d&amp;rsquo;abord en faire la démonstration. C&amp;rsquo;est tout l&amp;rsquo;objet du projet Cybersyn, abréviation de « cybernetic synergy », dont l&amp;rsquo;objectif clairement formulé par Beer était le suivant :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Installer un système préliminaire d&amp;rsquo;information et de réglementation pour l&amp;rsquo;économie industrielle qui démontrera les principales fonctionnalités de la gestion cybernétique et commencera à faciliter la prise de décision d&amp;rsquo;ici le 1er mars 1972.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;ndash; &lt;cite&gt;Stafford Beer, &lt;em&gt;Brain of the Firm&lt;/em&gt;, New York, John Wiley &amp;amp; Sons, 1981 (première édition 1972), page 251-252.&lt;/cite&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Pour ce faire, il fallait disposer rapidement d&amp;rsquo;un réseau, c&amp;rsquo;est-à-dire une infrastructure de communication sur laquelle reposerait tout le système, en communication directe avec deux ordinateurs centraux à Santiago. Un sous-projet nommé Cybernet fut mis en œuvre sans tarder. L&amp;rsquo;ensemble du système démontrait aussi qu&amp;rsquo;on pouvait réaliser un tel projet sans pour autant disposer des machines dernier cri, ce qui fut d&amp;rsquo;autant plus important que le coût total de l&amp;rsquo;opération fut assez modique si on le compare, par exemple, avec d&amp;rsquo;autres projets américains ou européens. Les deux ordinateurs centraux étaient déjà anciens (en service depuis plus de cinq ans), il s&amp;rsquo;agissait d&amp;rsquo;un IBM System 360/50 (créé en 1964) et d&amp;rsquo;un Burroughs 3500 (créé en 1966). Quant au réseau lui-même, il s&amp;rsquo;agissait de donner une seconde fonction au réseau existant, c&amp;rsquo;est à dire un réseau Telex, certes ancien mais efficace, puis implémenter des téléscripteurs dans les entreprises faisant partie du plan de nationalisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec Cybernet, un autre sous-projet nommé Cyberstride avait pour objectif de créer un logiciel qui a) rassemble et organise tous les indicateurs de production, b) détecte et signale les variations, applique les seuils d&amp;rsquo;alarme, c) rend possible les prévisions de production à partir des mesures précédentes. En somme c&amp;rsquo;est un système dynamique dont les variations devaient être rendues lisibles, ce qui fut envisagé avec le compilateur DYNAMO. Ce dernier, inventé par Jay W. Forrester au MIT, est un programme informatique qui produit sous forme de tableaux ou de graphiques les résultats des simulations qui jouent sur les variables d&amp;rsquo;un système dynamique (c&amp;rsquo;est un compilateur car il transforme les données du programme en un « langage » lisible par l&amp;rsquo;humain, des tableaux et des graphiques).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, pour compléter l&amp;rsquo;ensemble du dispositif, un simulateur permanent devait pouvoir être utilisé de manière à identifier les variables d&amp;rsquo;ajustement de la production et l&amp;rsquo;impact des changements à toutes les échelles du système. Ce fut le sous-projet Checo, un simulateur de l&amp;rsquo;économie chilienne.&lt;/p&gt;
&lt;figure&gt;
    &lt;img src=&#34;https://golb.statium.link/images/control-room-large-22-1024x709.jpg&#34;/&gt; &lt;figcaption&gt;
            &lt;h4&gt;Cybersyn Operations Room Datafeed with Chairs, 1972-73. Gui Bonsiepe.&lt;/h4&gt;
        &lt;/figcaption&gt;
&lt;/figure&gt;

&lt;p&gt;La partie la plus impressionnante de Cybersyn était au système 5 une salle (&lt;em&gt;op-room&lt;/em&gt;) qui permettait la rencontre des décideurs, équipée d&amp;rsquo;écrans affichant les systèmes viables avec plusieurs niveaux de récursivité (changez un paramètre analysez le retour du changement d&amp;rsquo;état du système), des indicateurs exprimant en termes quantitatifs différentes données (comme par exemple des taux d&amp;rsquo;approvisionnement), et une sortie DYNAMO. Mais pour l&amp;rsquo;essentiel des apports concrets à l&amp;rsquo;alimentation du modèle, tout se jouait aux systèmes 1 à 3, où parfois étaient même acheminés à dos de mulet les informations de production au télex le plus proche.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;un-modèle-de-gouvernance-&#34;&gt;Un modèle de gouvernance ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Modulo certains de ces aspects, disons artisanaux, le projet Cybersyn était cependant conçu de manière à éviter la verticalité de la décision à partir d&amp;rsquo;analyses hors-sol. Comme le mentionne  E. Medina, à propos du rapport de S. Beer :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Son rapport critiquait les méthodes de planification conventionnelles du Chili, qui utilisaient des instantanés de l&amp;rsquo;économie à des moments discrets, inondaient les gestionnaires du gouvernement avec une mer de données impliquant une gestion du haut vers le bas. Au lieu de cela, il a proposé l&amp;rsquo;idée d&amp;rsquo;un processus itératif où les politiques descendent du gouvernement jusqu&amp;rsquo;aux usines et les besoins des usines montent. Il a positionné la gestion au milieu du système, où il a implémenté un homéostat&lt;sup id=&#34;fnref:6&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:6&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; qui couple les besoins des niveaux inférieurs avec les ressources allouées d&amp;rsquo;en haut. Les fonctionnaires pouvaient donc modifier et adapter les politiques gouvernementales pour répondre aux besoins des usines, à condition que ces changements n&amp;rsquo;aient pas d&amp;rsquo;effets négatifs importants sur d&amp;rsquo;autres secteurs de l&amp;rsquo;économie. Beer a écrit : « Ce système détruit les dogmes de la centralisation et de la décentralisation. Cette approche est organique ». L&amp;rsquo;approche itérative était également continue et adaptative, conformément à la vision de Beer en matière de contrôle cybernétique. De plus, elle utilisait la cybernétique comme référentiel pour la façon dont le gouvernement pourrait mettre en œuvre le socialisme démocratique proposé par Allende ; elle a donné à l&amp;rsquo;État le contrôle de la production tout en permettant une large participation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;ndash; &lt;cite&gt;Eden Medina, &lt;em&gt;Cybernetic Revolutionaries. Technology and Politics in Allende’s Chile&lt;/em&gt;,   Cambridge, Massachusetts, MIT Press, 2011, section « Technology for an   Adaptive Economy ». Voir aussi Eden Medina, « Desiging freedom,   regulating a nation: socialist cybernetics in Allende’s Chile ». In: &lt;em&gt;Journal of Latin American Studies&lt;/em&gt;, 38, 2006, p. 571-606.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Ce que S. Beer cherchait aussi à démontrer, c&amp;rsquo;est tout l&amp;rsquo;intérêt de l&amp;rsquo;application des concepts de la recherche opérationnelle. Dans le livre qui l&amp;rsquo;a fait connaître auprès de ses &lt;em&gt;aficionados&lt;/em&gt; chiliens, &lt;em&gt;Decision and Control&lt;/em&gt; publié en 1966, il montre qu&amp;rsquo;un système opérationnel n&amp;rsquo;a pas à se surcharger d&amp;rsquo;informations. C&amp;rsquo;est pourquoi il faut bien distinguer un système en recherche opérationnelle et un centre de données : pour le premier les informations doivent être utilisées et disponibles de manière à produire une décision, dans le second c&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;information qui est transformée en données pour produire d&amp;rsquo;autres données que l&amp;rsquo;on peut interroger, ce qui suppose d&amp;rsquo;avoir des modèles ou, par apprentissage, créer des modèles à partir de variables. S. Beer affirmait en effet :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Nos collecteurs de données modernes savent tout ce qu&amp;rsquo;il faut savoir. C&amp;rsquo;est empilé dans des caves sur des cartes perforées ; cela sort des ordinateurs sur bande magnétique ; c&amp;rsquo;est joliment tabulé sur du papier blanc à un rythme de 600 lignes par minute ; cela apparaît sur les bureaux des gestionnaires en de tels volumes qu&amp;rsquo;ils sont trop occupés pour les lire ; c&amp;rsquo;est publié par des ministères dans de gigantesques annuaires. Car c&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;ère du « traitement automatique des données ». Pourtant, tout cela ne nous dit rien sur les raisons pour lesquelles les choses sont telles qu&amp;rsquo;elles sont. Il faut de la recherche opérationnelle pour le découvrir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;ndash; &lt;cite&gt;Stafford Beer, &lt;em&gt;Decision and Control : The Meaning of Operational Research and Management Cybernetics&lt;/em&gt;, New York, John Wiley &amp;amp; Sons, 1994 (première édition 1966), p. 70.&lt;/cite&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Cet allègement du système par rapport à la massification des données, est d&amp;rsquo;abord pour S. Beer une manière de démontrer aussi que le système a pour objectif de favoriser l&amp;rsquo;autonomie des sujets. Cybersyn est d&amp;rsquo;abord un immense réseau de capteurs des signaux de production dont la sensibilité est censée pallier la surcharge cognitive des employés pour leur permettre de se concentrer en premier lieu sur leur métiers et non plus sur les charges administratives, autorisations diverses ou prises en compte des externalités qui perturbent leur production : le système les capte et envoie des instructions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C&amp;rsquo;était aussi la conception d&amp;rsquo;un autre responsable du projet, Hermann Schwember. Juste avant le coup d&amp;rsquo;État de Pinochet, ce dernier rendait compte en 1973 dans la revue &lt;em&gt;Esprit&lt;/em&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:7&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:7&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;7&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;, des solutions envisagées au Chili pour concilier l&amp;rsquo;économie et la convivialité que définit Yvan Illich comme cette interrelation créative et autonome des individus entre eux et avec leur environnement. Alors que la production industrielle est d&amp;rsquo;essence destructive, cette convivialité peut être atteinte à la fois par l&amp;rsquo;intensification des communications entre les hommes (aussi à la source d&amp;rsquo;une prise de conscience planétaire) et la diminution de l&amp;rsquo;appropriation impérialiste. Pour H. Schwember, une société conviviale est « nécessairement socialiste » et seule capable de mener à un modèle post-industriel, c&amp;rsquo;est-à-dire dépasser les contraintes du salariat industriel, l&amp;rsquo;appropriation capitaliste, et surtout les dictatures bureaucratiques où n&amp;rsquo;existent pas « les mécanismes de correction, de participation et d&amp;rsquo;expression autonome provenant de la base populaire ».&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois que le projet fut rendu public, la principale critique des médias de l&amp;rsquo;opposition au Chili fut d&amp;rsquo;ordre économique. Accusé de laisser pour compte les petites entreprises au profit des grandes structures nationales, le projet était catalogué parmi les plus technocratiques. Certains journaux au Chili comme à l&amp;rsquo;étranger, ne tardèrent pas à faire le parallèle entre un pays « gouverné par un ordinateur » et le monde de Georges Orwell. Il reste que le projet Cybersyn fut catalogué comme un projet de surveillance, entendu comme un contrôle des individus, ce qu&amp;rsquo;il n&amp;rsquo;était pourtant pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il était conçu pour implémenter un système idéologique dans un système technique de prise de décision. Ce techno-socialisme convenait parfaitement à Salavador Allende et sa vision d&amp;rsquo;un Chili émancipé. Mais au-delà de cette vision, la perception technocratique du modèle de Stafford Beer provenait en réalité d&amp;rsquo;une mauvaise presse de la cybernétique, qui assimilait les modèles cybernétiques appliqués aux organisations humaines à des mécanismes de contrôle qui transforment les hommes en automates. Cette vision était d&amp;rsquo;autant plus acceptée que les exemples connus de centres opérationnels se trouvent généralement en temps de guerre dans l&amp;rsquo;armée et son organisation hiérarchisée, du centre de décision vers les cellules opérationnelles. Or, dans le projet Cybersyn était parfaitement intégrée la capacité des groupes d&amp;rsquo;individus à corriger le modèle de manière créative à chaque instant. En d&amp;rsquo;autres termes, les décisions dans ce modèle étaient systématiquement soumises à la possibilité d&amp;rsquo;exercice d&amp;rsquo;un contre-pouvoir. Techniquement, tout le génie de S. Beer résidait dans son approche itérative du système.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;une-leçon-difficile&#34;&gt;Une leçon difficile&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Évidemment, comme le mentionna plus tard Hermann Schwember&lt;sup id=&#34;fnref:8&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:8&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;8&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;, tout n&amp;rsquo;allait pas pour le mieux. Par définition, le niveau de perfectionnement du système avait comme limite le plus haut niveau de perfectionnement possible de l&amp;rsquo;outil de production. Une usine qui ne pouvait pas être modernisée à cause du manque d&amp;rsquo;investissement dont souffrait cruellement le Chili, ne pouvait pas s&amp;rsquo;ajuster aux objectifs identifiés par le système.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moins idéaliste, une autre raison peut aussi expliquer certains biais du projet Cybersyn : un modèle cybernétique est d&amp;rsquo;abord un modèle informationnel, or si on l&amp;rsquo;applique au fonctionnement d&amp;rsquo;usines, quelle que soit la provenance de l&amp;rsquo;information, cette dernière est toujours indépendante des conditions de production ou des réalités sociales. Sans un contrôle qualité, n&amp;rsquo;importe quelle information entrée par un agent est supposée être fiable ou du moins sincère. Si un modèle comme Cybersyn n&amp;rsquo;était pas construit pour avoir, au moins en partie, un rôle de contrôle, le système est à la merci des bonnes (ou mauvaises) volontés. Pour avoir la paix, le manager d&amp;rsquo;une usine est prêt à mentir sur ses indicateurs de production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le coup d&amp;rsquo;État de Pinochet mit brutalement fin à Cybersyn, si bien que d&amp;rsquo;autres critiques encore intervinrent à contre-temps. Elle sont résumées par Andrew Pickering&lt;sup id=&#34;fnref:9&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:9&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;9&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; en quatre points.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier était que le projet, malgré toutes les bonnes intentions, était technocratique pour deux raisons : pour commencer il supposait que tous les Chiliens adhéraient au modèle et ensuite que la conception sur VSM de l&amp;rsquo;organisation productive chilienne est-elle même un modèle fixe et non dynamique (pas de possibilité que le modèle global se transforme excepté à l&amp;rsquo;intérieur de ses limites).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le second point portait sur les signaux (les alarmes ou « signaux algédoniques ») censés porter à l&amp;rsquo;attention des décideurs des seuils à ne pas franchir : ces signaux pouvaient à tout moment, notamment en cas de changement de régime politique, devenir des éléments de surveillance pouvant se retourner contre le système 1 (les travailleurs).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le troisième point est que Cybersyn n&amp;rsquo;a certes pas été conçu pour créer une chaîne de commandement et de contrôle verticale uniquement du haut vers le bas, mais il pouvait facilement le devenir. Et il fut effectivement utilisé dans cette intention lors d&amp;rsquo;un événement, une grève générale de la confédération des transports en 1972 (opposée à la nationalisation du secteur et soutenue par la droite politique) : le réseau Cybernet a alors été utilisé pour identifier et surveiller les nœuds de grèves, et trouver des solutions de contournement pour maintenir les flux. En ce sens le système a parfaitement joué son rôle, mais il a alors été transformé en un système de surveillance dans une lutte politique (et le conflit fut assez violent).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un quatrième point porte à s&amp;rsquo;interroger sur les objectifs de Cybersyn et du VSM en général : se maintenir en vie. On peut effectivement se demander si, dans une certaine mesure, le modèle ne confond pas le moyen et la fin, un peu à l&amp;rsquo;image de ce qui se passait en France vers la fin des années 1970.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;hellip; et pour le savoir, il faudra attendre la publication de mon ouvrage (printemps 2019)… Teasing !&lt;/p&gt;
&lt;section class=&#34;footnotes&#34; role=&#34;doc-endnotes&#34;&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li id=&#34;fn:1&#34; role=&#34;doc-endnote&#34;&gt;
&lt;p&gt;Eden Medina, &lt;em&gt;Cybernetic Revolutionaries. Technology and Politics in Allende’s Chile&lt;/em&gt;, Boston, MIT Press, 2011. &lt;a href=&#34;#fnref:1&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:2&#34; role=&#34;doc-endnote&#34;&gt;
&lt;p&gt;Le même article traduit en français dans &lt;em&gt;Vanity Fair&lt;/em&gt; en janvier 2015, fut intitulé « Big Brother. Cybersyn, une machine à gouverner le Chili ». Evgeny Morozov, « The Planning Machine. Project Cybersyn and the origins of the Big Data nation », &lt;em&gt;The New Yorker&lt;/em&gt;, 13 octobre 2014. &lt;a href=&#34;https://www.newyorker.com/magazine/2014/10/13/planning-machine&#34;&gt;En ligne&lt;/a&gt;. Evgeny Morozov, « Big Brother. Cybersyn, une machine à gouverner le Chili », &lt;em&gt;Vanity Fair France&lt;/em&gt;, 19, janvier 2015. &lt;a href=&#34;#fnref:2&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:3&#34; role=&#34;doc-endnote&#34;&gt;
&lt;p&gt;Evgeny Morozov, &lt;em&gt;Pour tout résoudre, cliquez ici&lt;/em&gt;, Paris, Éditions FYP, 2014. &lt;a href=&#34;#fnref:3&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:4&#34; role=&#34;doc-endnote&#34;&gt;
&lt;p&gt;Production Development Corporation (CORFO) (en espagnol: &lt;em&gt;Cor&lt;/em&gt;poración de &lt;em&gt;Fo&lt;/em&gt;mento de la Producción de Chile). &lt;a href=&#34;#fnref:4&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:5&#34; role=&#34;doc-endnote&#34;&gt;
&lt;p&gt;Une section de l&amp;rsquo;ouvrage d&amp;rsquo;Andrew Pickering est consacrée au VSM. Andrew Pickering, &lt;em&gt;The Cybernetic Brain. Sketches of Another Future&lt;/em&gt;, Chicago, University of Chicago Press, 2010, p. 243 &lt;em&gt;sq.&lt;/em&gt; &lt;a href=&#34;#fnref:5&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:6&#34; role=&#34;doc-endnote&#34;&gt;
&lt;p&gt;L&amp;rsquo;homéostasie est la tendance d&amp;rsquo;un système à maintenir ses facteurs de modification autour de valeurs bénéfiques par un processus de régulation. Un homéostat est un dispositif permettant de mesurer ces valeurs et ce fonctionnement à l&amp;rsquo;aide d&amp;rsquo;indicateurs. &lt;a href=&#34;#fnref:6&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:7&#34; role=&#34;doc-endnote&#34;&gt;
&lt;p&gt;Hermann Schwember (trad. Alain Labrousse), « Convivialité Et Socialisme », &lt;em&gt;Esprit&lt;/em&gt;, 426 juillet-août 1973, p. 39-66 (voir p. 45). &lt;a href=&#34;#fnref:7&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:8&#34; role=&#34;doc-endnote&#34;&gt;
&lt;p&gt;Hermann Schwember (1977) « Cybernetics in government: experience with new tools for management in Chile 1971-1973 ». In H. Bossel, Ed. Concepts and Tools of Computer Based Policy Analysis, Vol. 1., Birkhäuser - Springer Basel AG, Basel, p. 79-138. (pp. 136). &lt;a href=&#34;#fnref:8&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:9&#34; role=&#34;doc-endnote&#34;&gt;
&lt;p&gt;Andrew Pickering, &lt;em&gt;The Cybernetic Brain. Sketches of Another Future&lt;/em&gt;, Chicago, University of Chicago Press, 2010, pp. 265-268. &lt;a href=&#34;#fnref:9&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;/section&gt;
</description>
    </item>
    
    <item>
      <title>Vie privée, informatique et marketing dans le monde d&#39;avant Google</title>
      <link>https://golb.statium.link/post/20180324viepriveeinforavantgoogle/</link>
      <pubDate>Sat, 24 Mar 2018 00:00:00 +0000</pubDate>
      <author>situveuxmonadresse@demande-la.moi (Christophe Masutti)</author>
      <guid>https://golb.statium.link/post/20180324viepriveeinforavantgoogle/</guid>
      <description>&lt;p&gt;En 1969, Paul Baran affirmait: « Quelle belle opportunité pour l&amp;rsquo;ingénieur informaticien d&amp;rsquo;exercer une nouvelle forme de responsabilité sociale ». En effet, il y a presque 70 ans, les interrogations sociales au sujet du traitement informatique des données personnelles étaient déjà sur le devant de la scène.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici le résumé d&amp;rsquo;un assez long texte, écrit début mars 2018, que vous pouvez lire en version &lt;a href=&#34;https://statium.link/bazaar/leviathans/lev5/lev.html&#34;&gt;HTML&lt;/a&gt; ou récupérer &lt;a href=&#34;https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-01761828&#34;&gt;en PDF sur HAL-SHS&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Il est notable que les monopoles de l&amp;rsquo;économie numérique d&amp;rsquo;aujourd&amp;rsquo;hui exploitent à grande échelle nos données personnelles et explorent nos vies privées. Cet article propose une mise au point historique sur la manière dont se sont constitués ces modèles : dès les années 1960, par la convergence entre l&amp;rsquo;industrie informatique, les méthodes de marketing (en particulier le marketing direct) et les applications en bases de données. Les pratiques de captation et d&amp;rsquo;exploitation des données personnelles ont en réalité toujours été sources de débats, de limitation et de mises en garde. Malgré cela, le contrôle social exercé par la segmentation sociale, elle-même imposée par le marketing, semble être une condition de l&amp;rsquo;avènement d&amp;rsquo;une forme d&amp;rsquo;économie de la consommation que de nombreux auteurs ont dénoncé. Peut-on penser autrement ce capitalisme de surveillance ?&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
</description>
    </item>
    
    <item>
      <title>Alimenter mon dépôt Gitlab</title>
      <link>https://golb.statium.link/post/20151118alimentergitlab/</link>
      <pubDate>Wed, 18 Nov 2015 00:00:00 +0000</pubDate>
      <author>situveuxmonadresse@demande-la.moi (Christophe Masutti)</author>
      <guid>https://golb.statium.link/post/20151118alimentergitlab/</guid>
      <description>&lt;p&gt;Framasoft a ouvert un service Gitlab très facile d’utilisation. Pour qui ne serait pas encore à l&amp;rsquo;aise avec Git, voici un petit tutoriel rapide pour alimenter son propre dépôt.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;créer-un-nouveau-dépôt&#34;&gt;Créer un nouveau dépôt&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Un fois son compte créé et configuré (tout se fait en ligne), on peut créer un nouveau dépôt. Ce dernier doit être alimenté en premier par un fichier &lt;code&gt;readme.md&lt;/code&gt; c&amp;rsquo;est à dire un fichier écrit en Markdown. Il est censé décrire le projet, et communiquer régulièrement les principaux changements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut préparer ce fichier &lt;code&gt;readme.md&lt;/code&gt; localement en prévision des premières manipulations (ci-dessous).&lt;/p&gt;
&lt;h3 id=&#34;générer-sa-clé-ssh&#34;&gt;Générer sa clé SSH&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Toutes les connexions sur votre compte Gitlab se feront de préférence de manière chiffrée et authentifiée avec une clé SSH. L&amp;rsquo;idée est simple : il faut générer une clé SSH, la stocker localement et la recopier dans les paramètres SSH de son compte Gitlab. On peut ajouter autant de clé SSH que l&amp;rsquo;on souhaite.&lt;/p&gt;
&lt;h3 id=&#34;pour-générer-et-stocker-une-clé-ssh&#34;&gt;Pour générer et stocker une clé SSH&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Entrer la commande suivante :&lt;/p&gt;
&lt;pre&gt;&lt;code&gt;ssh-keygen -t rsa -C &amp;quot;xxxxxxxx&amp;quot;
&lt;/code&gt;&lt;/pre&gt;&lt;p&gt;(remplacer xxxxxxxx par son adresse courriel renseignée dans Gitlab)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La création d&amp;rsquo;un mot de passe n&amp;rsquo;est pas obligatoire, mais elle est préférable en tant que sécurité supplémentaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois la clé créée, il faut la placer dans son dossier &lt;code&gt;~\.ssh&lt;/code&gt; et la recopier sur son compte Gitlab.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;installer-et-configurer-git&#34;&gt;Installer et configurer Git&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Après avoir installé Git (&lt;code&gt;sudo apt-get install git&lt;/code&gt;), il faut le configurer comme suit :&lt;/p&gt;
&lt;pre&gt;&lt;code&gt;git config --global user.name &amp;quot;nomutilisateur&amp;quot;
git config --global user.email &amp;quot;adressecourriel&amp;quot;
&lt;/code&gt;&lt;/pre&gt;&lt;h2 id=&#34;premier-dépôt&#34;&gt;Premier dépôt&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une fois le dépôt créé via l&amp;rsquo;interface de Gitlab, on peut travailler localement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Commencer par cloner le dépôt en local :&lt;/p&gt;
&lt;pre&gt;&lt;code&gt;git clone git@git.framasoft.org:nomutilisateur/nomdudepot.git
&lt;/code&gt;&lt;/pre&gt;&lt;p&gt;Se rendre dans le dossier du dépôt :&lt;/p&gt;
&lt;pre&gt;&lt;code&gt;cd nomdudepot
&lt;/code&gt;&lt;/pre&gt;&lt;p&gt;Coller dans ce dossier le readme préparé auparavant (cf. ci-dessus).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis ajouter ce fichier dans la file des fichiers que nous allons remonter dans le dépôt :&lt;/p&gt;
&lt;pre&gt;&lt;code&gt;git add README.md
&lt;/code&gt;&lt;/pre&gt;&lt;p&gt;Annoncer un commit en écrivant un message explicatif :&lt;/p&gt;
&lt;pre&gt;&lt;code&gt;git commit -m &amp;quot;ajout du fichier readme&amp;quot;
&lt;/code&gt;&lt;/pre&gt;&lt;p&gt;Pousser le tout sur le dépôt :&lt;/p&gt;
&lt;pre&gt;&lt;code&gt;git push -u origin master
&lt;/code&gt;&lt;/pre&gt;&lt;p&gt;Précéder de la même manière pour tous les autres fichiers. Si l&amp;rsquo;on souhaite ajouter d&amp;rsquo;un coup plusieurs fichiers on peut écrire &lt;code&gt;git add fichier1 fichier2 fichier3&lt;/code&gt; etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Évidemment il ne s&amp;rsquo;agit ici que de remonter dans la file principale du projet.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;problème-en-https&#34;&gt;Problème en https&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Si l&amp;rsquo;on veut pousser des gros fichiers en https, on peut tomber sur une erreur de type&lt;/p&gt;
&lt;pre&gt;&lt;code&gt;error: RPC failed; result=22, HTTP code = 411
fatal: The remote end hung up unexpectedly
&lt;/code&gt;&lt;/pre&gt;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est en fait parce que la configuration par défaut de Git en http limite à 1Mo la taille maximale des fichiers qu&amp;rsquo;on peut pousser. Il faut donc configurer Git pour accepter une taille plus importante en entrant une commande idoine :&lt;/p&gt;
&lt;pre&gt;&lt;code&gt;git config http.postBuffer nombredebytes
&lt;/code&gt;&lt;/pre&gt;&lt;p&gt;où nombredebytes est la taille maximale des fichiers qu&amp;rsquo;on veut envoyer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut configurer Git de manière globale, ainsi :&lt;/p&gt;
&lt;pre&gt;&lt;code&gt;git config --global http.postBuffer 524288000
&lt;/code&gt;&lt;/pre&gt;</description>
    </item>
    
    <item>
      <title>Révolutions informatiques : algorithmes et pouvoirs</title>
      <link>https://golb.statium.link/post/20150624algorithmesetpouvoir2/</link>
      <pubDate>Wed, 24 Jun 2015 00:00:00 +0000</pubDate>
      <author>situveuxmonadresse@demande-la.moi (Christophe Masutti)</author>
      <guid>https://golb.statium.link/post/20150624algorithmesetpouvoir2/</guid>
      <description>&lt;p&gt;Il y a 45 ans, avec l&amp;rsquo;arrivée en masse de l&amp;rsquo;informatique et du micro-ordinateur dans les entreprises, les foyers français, et à peu près tous les secteurs de l&#39;économie, la notion de « Révolution Informatique » occupait le thème d&amp;rsquo;un des célèbres &lt;a href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Centre_culturel_international_de_Cerisy-la-Salle&#34;&gt;colloques de Cerisy-la-Salle&lt;/a&gt; du 10 au 20 juillet 1970.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &lt;a href=&#34;http://www.ccic-cerisy.asso.fr/informatiqueTM72.html&#34;&gt;actes de ce colloque&lt;/a&gt;, aujourd&amp;rsquo;hui indisponibles, méritent toutefois d&#39;être lus aujourd&amp;rsquo;hui à bien des titres. Tout particulièrement à l&amp;rsquo;heure où notre gouvernement est en passe de voter un texte de surveillance de masse de nos outils de communication. En effet, en automatisant les tâches de surveillance par des algorithmes, ce qui revient à surveiller tout le monde pour faire un tri ensuite, il se développe actuellement une sorte d&amp;rsquo;accomplissement d&amp;rsquo;un pouvoir &lt;em&gt;techniciste&lt;/em&gt; au prix d&amp;rsquo;une dépossession du peuple des instruments de la circulation de l&amp;rsquo;information, au fondement de la démocratie. Or, c&amp;rsquo;est étonnement un axe de lecture tout à fait intéressant des actes du colloque de ce mois de juillet 1970…&lt;/p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux textes en particulier méritent un détour. Le premier explique la notion d&amp;rsquo;algorithme. Un peu ardu à certains endroits, son auteur Jacques &lt;span style=&#34;font-variant: small-caps;&#34;&gt;Riguet&lt;/span&gt; est néanmoins fort synthétique, et montre qu&amp;rsquo;en réalité ce qu&amp;rsquo;on appelle un algorithme est loin de mériter un traitement aussi désinvolte que celui que lui réservent nos responsables politiques du moment, puisqu&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;agit de définir de l&amp;rsquo;imprécis par un choix d&#39;éléments précis. Surveiller la population par des algorithmes suppose donc de manière systématique de l&amp;rsquo;imprécision et par conséquent nécessite d&amp;rsquo;expliquer précisément la classe des éléments choisis en fonction du but poursuivi. Si l&amp;rsquo;objectif est trop large, les algorithmes ne peuvent être précis : la Loi Renseignement ne peut donc pas concilier les deux, cqfd.&lt;/p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le second texte est de la plume de Louis &lt;span style=&#34;font-variant: small-caps;&#34;&gt;Pouzin&lt;/span&gt;, connu comme l&amp;rsquo;un des pionniers des recherches sur le temps partagé (voir &lt;a href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_Pouzin&#34;&gt;sa fiche Wikipédia&lt;/a&gt;) aux sources de notre Internet d&amp;rsquo;aujourd&amp;rsquo;hui. Son texte porte sur les aspects technocratiques de l&amp;rsquo;informatique utilisée comme instrument décisionnaire. Loin de relayer des craintes infondées et anti-progressistes, ils soulève néanmoins quelques questions fort pertinentes sur le rapport qu&amp;rsquo;entretien le pouvoir avec le traitement informatique de l&amp;rsquo;information. Car en effet, déjà l&amp;rsquo;Internet balbutiant montrait qu&amp;rsquo;il pouvait être un extraordinaire outil de partage de l&amp;rsquo;information et par conséquent un outil majeur du dialogue démocratique. Si la génération des hommes politiques d&amp;rsquo;alors n&#39;était pas encore prête à amortir cette révolution informatique naissante, il était tout à fait pertinent de s&amp;rsquo;interroger un peu sur l&amp;rsquo;avenir. Et ce n&amp;rsquo;est pas innocemment que l&amp;rsquo;auteur conclu en ces termes : « L&amp;rsquo;invocation de l&amp;rsquo;ordinateur est un camouflage commode pour l&amp;rsquo;accomplissement de politiques occultes. »&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je livre donc ces deux textes ci-dessous. J&amp;rsquo;espère que les responsables des publications du Centre Culturel International de Cerisy ne m&amp;rsquo;en voudront pas d&amp;rsquo;outrepasser ici le droit de citation pour aller un peu plus loin : le livre n&#39;étant plus édité, je donne en quelque sorte une seconde vie à ces deux textes :&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&#34;#riguet&#34;&gt;La notion d&#39;algorithme&lt;/a&gt; (Jacques &lt;span style=&#34;font-variant: small-caps;&#34;&gt;Riguet&lt;/span&gt;)&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&#34;#pouzin&#34;&gt;Intervention de L. &lt;span style=&#34;font-variant: small-caps;&#34;&gt;Pouzin&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src=&#34;images/aacouv_revolinfo.jpg&#34; alt=&#34;Révolutions informatiques&#34;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Titre : &lt;em&gt;Révolutions informatiques&lt;/em&gt;&lt;br /&gt; Direction : François Le Lionnais&lt;br /&gt; Éditeur : Union Générale d&#39;Éditions&lt;br /&gt; Collection : 10/18&lt;br /&gt; Année de publication : 1972&lt;br /&gt; Année du colloque : 1970&lt;br /&gt; &lt;a href=&#34;http://www.ccic-cerisy.asso.fr/informatiqueTM72.html&#34;&gt;Table des matières&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;p&gt;&lt;a name=&#34;riguet&#34;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Section : Naissance et développement de l&amp;rsquo;informatique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dimanche 12 juillet 1970 (après-midi), intervention de Jacques &lt;span style=&#34;font-variant: small-caps;&#34;&gt;Riguet&lt;/span&gt;, Professeur à l&amp;rsquo;Université de Limoges (pp. 89-97)&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;La notion d&#39;algorithme&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le mot « algorithme » a une signification voisine de celle des mots « recette », « procédé », « méthode », « technique », « routine ».&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La notion d&amp;rsquo;algorithme est une notion intuitive, donc essentiellement imprécise, tout comme l&amp;rsquo;est, par exemple, la notion de courbe en géométrie. Un thème fondamental de la recherche mathématique consiste à tenter de donner des définitions précises d&amp;rsquo;un concept imprécis, le succès de la tentative étant de plus en plus assuré au fur et à mesure que l&amp;rsquo;on parvient à prouver que les définitions proposées sont équivalentes. Un exemple célèbre de ce thème de recherche nous est fourni par le résultat obtenu par Hahn et Mazur-Kiewicz en 1914 : la notion d&amp;rsquo;espace métrique compact connexe localement connexe et la notion d&amp;rsquo;image par une application continue d&amp;rsquo;un segment dans un espace séparé sont équivalentes et constituent donc une définition précise de la notion intuitive de courbe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous verrons plus loin que les logiciens contemporains sont parvenus à démontrer l&#39;équivalence de diverses notions précises susceptibles de recouvrir la notion intuitive d&amp;rsquo;algorithme. Mais, pour le moment, il nous faut proposer une définition de celle-ci. La voici :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;On appelle algorithme une m&amp;eacute;thode g&amp;eacute;n&amp;eacute;rale pour la r&amp;eacute;solution d&#39;une classe de probl&amp;egrave;mes, fix&amp;eacute;e en tous ses d&amp;eacute;tails par des r&amp;egrave;gles d&amp;eacute;pourvues de sens, de fa&amp;ccedil;on &amp;agrave; ce qu&#39;on puisse l&#39;appliquer sans avoir &amp;agrave; la comprendre.&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Il convient de donner de suite un exemple :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;L&amp;rsquo;algorithme d&amp;rsquo;Euclide pour la recherche du P.G.C.D.&lt;/em&gt; La classe de problèmes auxquels il s&amp;rsquo;applique est définie ainsi : étant donné deux entiers positifs m et n, trouver leur plus grand commun diviseur (c&amp;rsquo;est-à-dire le plus grand entier positif qui divise à la fois m et n).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src=&#34;https://golb.statium.link/images/pgcd.png&#34; alt=&#34;pgcd&#34;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li&gt;Diviser m par n. Soit r le reste (on a 0&amp;le;r&amp;lt;n)&amp;nbsp;;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Si r=0, l&#39;algorithme est termin&amp;eacute;, la r&amp;eacute;ponse est n&amp;nbsp;;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Si r&amp;ne;0 remplacer m par n, n par r et op&amp;eacute;rer comme en 1.&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;p&gt;Voir ci-dessous l&amp;rsquo;exemple d&amp;rsquo;application de l&amp;rsquo;algorithme aux nombres m=165 et n=616&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src=&#34;https://golb.statium.link/images/www165.png&#34; alt=&#34;&#34;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Déjà les arabes, sous l&amp;rsquo;influence des hindous, avaient développé des algorithmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mot « algorithme » lui-même est dérivé du nom de l&amp;rsquo;auteur d&amp;rsquo;un texte arabe : Abu Ja&amp;rsquo;far Mohammed ibn Mûsâ al-Khowârizmî (vers 825) (c&amp;rsquo;est-à-dire père de Ja&amp;rsquo;far, Mohammed, fils de Moïse, natif de Khowârîzm) (Khowârîzm est aujourd&amp;rsquo;hui la petite ville de Khiva en U.R.S.S.). Le mot algèbre lui-même est dérivé du titre de son livre « Kitab al jabr w&amp;rsquo;almuqabala » (&lt;em&gt;Règles de restauration et de réduction&lt;/em&gt;) bien que le livre ne soit pas très algébrique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vers 1300, l&amp;rsquo;espagnol Raymond Lulle reprend les méthodes introduites par les arabes pour l&#39;édification de son « Ars magna » qui devait être une méthode générale pour découvrir « toutes les vérités » à partir de combinaisons. Et c&amp;rsquo;est comme contribution à l&#39;&lt;em&gt;ars magna&lt;/em&gt; que Cardan publiera quelques deux cents ans plus tard ses formules et algorithmes algébriques. La « méthode » de Descartes a essentiellement pour but de permettre la résolution des problèmes de géométrie grâce à leur traduction algébrique et au traitement algorithmique de cette traduction (Descartes pensait manifestement que tous les problèmes algébriques pouvaient être traités algorithmiquement, ce qui s&amp;rsquo;est révélé faux par la suite). Leibniz a rêvé d&amp;rsquo;une « caractéristique universelle » permettant de résoudre tous les problèmes. Il est encore plus manifeste chez lui que chez Lulle que celle-ci doit être mise en œuvre par une machine. Il est l&amp;rsquo;un des premiers à construire une machine à calculer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reprenons maintenant la définition de la notion d&amp;rsquo;algorithme que nous avons posée au début et précisons-en quelques points.&lt;/p&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li&gt;Un algorithme &amp;eacute;tant apte &amp;agrave; la r&amp;eacute;solution d&#39;une classe de probl&amp;egrave;mes, son &amp;eacute;nonc&amp;eacute; doit comporter une description plus ou moins symbolique des donn&amp;eacute;es caract&amp;eacute;risant cette classe (nous dirons que c&#39;est son &lt;em&gt;entr&amp;eacute;e&lt;/em&gt; ou sa &lt;em&gt;source&lt;/em&gt;) et &amp;eacute;galement une description plus ou moins symbolique des solutions de ces probl&amp;egrave;mes (nous dirons que c&#39;est sa &lt;em&gt;sortie&lt;/em&gt; ou son &lt;em&gt;but&lt;/em&gt;). Par exemple, l&#39;algorithme d&#39;Euclide a pour source l&#39;ensemble des couples d&#39;entiers positifs non nuls (en &amp;eacute;criture de base 10 par exemple) et pour but l&#39;ensemble des entiers positifs non nuls.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Un algorithme doit &amp;ecirc;tre fix&amp;eacute; en tous ses d&amp;eacute;tails. En particulier&amp;nbsp;:
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;les instructions doivent &amp;ecirc;tre d&#39;une pr&amp;eacute;cision absolue. Une recette de cuisine bien qu&#39;ayant une entr&amp;eacute;e (les &amp;laquo;&amp;nbsp;mati&amp;egrave;res premi&amp;egrave;res&amp;nbsp;&amp;raquo;&amp;nbsp;: &amp;oelig;ufs, beurre, farine, etc.) et une sortie (g&amp;acirc;teau d&#39;anniversaire, etc.) ne peut &amp;ecirc;tre consid&amp;eacute;r&amp;eacute;e comme un algorithme si elle comporte des instructions telles que &amp;laquo;&amp;nbsp;ajouter une pinc&amp;eacute;e de sel&amp;nbsp;&amp;raquo;&amp;nbsp;;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;l&#39;ordre d&#39;application des r&amp;egrave;gles doit &amp;ecirc;tre donn&amp;eacute; sans ambigu&amp;iuml;t&amp;eacute;. Un organigramme constitu&amp;eacute; de bo&amp;icirc;tes d&#39;instructions et d&#39;aiguillages en rendra encore mieux compte que le langage ordinaire.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Un algorithme doit &amp;ecirc;tre effectif&amp;nbsp;: cela signifie que chacune de ses r&amp;egrave;gles est suffisamment simple pour pouvoir &amp;ecirc;tre effectu&amp;eacute;e en un temps fini par un homme peut-&amp;ecirc;tre stupide et d&amp;eacute;pourvu de toute imagination mais parfaitement ob&amp;eacute;issant, muni d&#39;un crayon (inusable) et d&#39;un papier (ind&amp;eacute;finiment prolongeable) et qui op&amp;egrave;re de fa&amp;ccedil;on purement m&amp;eacute;canique sans r&amp;eacute;fl&amp;eacute;chir et sans se soucier du sens que pourraient avoir ces r&amp;egrave;gles&lt;sup&gt;&lt;a href=&#34;#note1&#34;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;.&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;p&gt;On remarquera qu&amp;rsquo;en quelque sorte 3. implique 2. : si le conducteur de l&amp;rsquo;algorithme est dépourvu d&amp;rsquo;imagination, il sera incapable de suppléer au manque de précision ou à la défaillance d&amp;rsquo;une instruction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On remarquera aussi que le conducteur de l&amp;rsquo;algorithme est censé effectuer ses calculs pas à pas, de manière discrète et déterministe sans avoir recours à des méthodes continues ou analogiques ou stochastiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un algorithme ayant une source (classe de problèmes) et un but (énoncé de la solution) définit par là même une fonction que l&amp;rsquo;on dit calculable par l&amp;rsquo;algorithme. Par exemple, la fonction f définie par : « quels que soient les entiers positifs non nuls x,y:f(x,y)=P.G.C.D. de x et de y » est une fonction calculable par l&amp;rsquo;algorithme d&amp;rsquo;Euclide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est très facile de se rendre compte que, si une fonction est calculable par un algorithme, il en existe d&amp;rsquo;autres grâce auxquels elle est également calculable. Et c&amp;rsquo;est un problème important que d&amp;rsquo;avoir des critères permettant de choisir, parmi ceux-ci, ceux qui réalisent les meilleures performances du point de vue économie de temps ou du point de vue d&amp;rsquo;autres critères tels que : facilité d&amp;rsquo;adaptation aux ordinateurs, simplicité, élégance… Il y a là un domaine nouveau à explorer : celui de l&amp;rsquo;optimalisation des algorithmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est moins facile de se rendre compte qu&amp;rsquo;il existe des fonctions qui ne sont pas calculables par un algorithme. Et c&#39;était même là le sentiment erroné des mathématiciens des siècles précédents. Même la découverte de démonstration d&amp;rsquo;impossibilité de résolution de certains problèmes (par exemple : construction géométrique à l&amp;rsquo;aide de la règle et du compas, résolubilité des équations algébriques par radicaux) n&amp;rsquo;influença guère les mathématiciens dans cette croyance, car il s&amp;rsquo;agissait de la non résolubilité de problèmes grâce à des moyens déterminés mais non d&amp;rsquo;une impossibilité générale. La démonstration de l&amp;rsquo;existence de fonctions qui ne sont pas calculables par un algorithme suppose que l&amp;rsquo;on a défini de façon précise le concept d&amp;rsquo;algorithme puisqu&amp;rsquo;une telle démonstration fait appel à la classe de &lt;em&gt;tous&lt;/em&gt; les algorithmes. En fait, le problème de la définition précise de la notion d&amp;rsquo;algorithme est lié étroitement à celui de la définition précise de fonction calculable : une fonction est calculable s&amp;rsquo;il existe un algorithme permettant de calculer f(n) quel que soit l&amp;rsquo;entier n. Réciproquement, la méthode d&amp;rsquo;arithmétisation de Gödel des mots d&amp;rsquo;une syntaxe permet de déduire le concept d&amp;rsquo;algorithme de celui de fonction calculable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, historiquement, les recherches de définitions précises ont porté d&amp;rsquo;abord sur la notion de fonction calculable avec Skolem en 1923. L&amp;rsquo;idée de départ est de tenter de définir une fonction calculable comme une fonction qui puisse être obtenue à partir de fonctions très simples et manifestement calculables par un processus récursif, c&amp;rsquo;est-à-dire un processus où la valeur prise par la fonction, lorsqu&amp;rsquo;on donne à la variable la valeur n+1, est reliée à la valeur de cette même fonction lorsqu&amp;rsquo;on donne à la variable la valeur n. Précisons cela : désignons par ℱn l&amp;rsquo;ensemble des applications de ℕn dans ℕ, où ℕ désigne l&amp;rsquo;ensemble des entiers naturels, par ℱ l&amp;rsquo;union de tous les ℱn, par s et σ les deux éléments de ℱ1 définis par s(n)=n+1, σ(n)=0 et par Pn,1,…,Pn, n les éléments de ℱn définis par Pn,k(m1,&amp;hellip;mn)=mk. Soient f1,…,fk∈ℱm et g∈ℱk. Nous désignerons par g(f1⇑…⇑fk) l&#39;élément de ℱm défini par g(f1⇑…⇑fk) (x)= g(f1(x),…,fk(x)) pour tout x∈ℕm.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, soient f∈ℱm et g∈ℱm+2. Nous désignerons par frekg l&#39;élément de ℱm+1 défini par :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;frekg(0,x)=f(x)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;frekg(n+1,x)=g(n,frekg(n,x),x)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;pour tout x∈ℕm.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous désignerons par 𝒫 et nous appellerons &lt;em&gt;ensemble des fonctions primitives récursives&lt;/em&gt; le plus petit sous-ensemble de ℱ contenant s,σ,Pn,1…Pn,m pour tout n et stable par composition et par récursion. Plus précisément, si 𝒫n=𝒫∩ℱn, 𝒫 est le plus petit sous-ensemble de ℱ satisfaisant aux trois conditions :&lt;/p&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li&gt;s,&amp;sigma;&amp;isin;𝒫1, pour tout n&amp;isin;ℕ,Pn,1&amp;hellip;,Pm,n&amp;isin;𝒫n&amp;nbsp;;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;f1,&amp;hellip;,fk&amp;isin;𝒫m,g&amp;isin;𝒫k&amp;rarr;g(f1&amp;uArr;&amp;hellip;&amp;uArr;fk)&amp;isin;𝒫m&amp;nbsp;;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;f&amp;isin;𝒫m,g&amp;isin;𝒫m+2&amp;rarr;frekg&amp;isin;𝒫m+1.&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;p&gt;Nous avons construit ainsi un ensemble 𝒫 de fonctions méritant d&#39;être appelées calculables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, dès 1928, Ackermann donne un exemple très simple de fonction méritant d&#39;être appelée calculable et n&amp;rsquo;appartenant pas à 𝒫. Il s&amp;rsquo;agit de la fonction f∈ℱ2 définie par :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;f(0,n)=n+1 ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;f(n+1,0)=f(n,1) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;f(n+1,m+1)=f(n,f(n+1,m)).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est Gödel qui va parvenir, en 1934, en utilisant un projet de Herbrand à « agrandir suffisamment 𝒫 » pour parvenir enfin à une définition satisfaisante de la notion de calculabilité. Ce 𝒫 agrandi que nous désignerons par R et que l&amp;rsquo;on appelle &lt;em&gt;ensemble des fonctions récursives générales&lt;/em&gt; se définit en permettant la génération de fonctions nouvelles non seulement par composition et par récursion mais aussi par minimalisation. Voici quelles sont des définitions précises : soit f∈ℱm+1. On désignera par μ(f) et on appellera &lt;em&gt;minimalisation&lt;/em&gt; de f l&amp;rsquo;application de D dans ℕ définie par :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;μ(f)(x)=min(n∈ℕ/f(n,x)=0) pour tout x∈D, D désignant le sous-ensemble de ℕm constitué par les x∈ℕm pour lesquels il existe un n∈ℕ tel que f(n,x)=0.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est facile de montrer que la fonction de Ackermann appartient à R.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1936, Church et Kleene introduisent la notion de λ-définissabilité. Church et Rosser démontrent peu après qu&amp;rsquo;elle est équivalente à la notion de fonction récursive et Church formule alors sa célèbre thèse : toutes les fonctions réputées intuitivement calculables ou, selon ses propres termes, « effectivement calculables » sont λ-définissables ou, ce qui est équivalent, récursives générales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s&amp;rsquo;agit bien d&amp;rsquo;une thèse et non d&amp;rsquo;un théorème puisque son énoncé propose d&amp;rsquo;identifier un concept intuitif imprécis à un concept précis. Elle ne peut être démontrée mais peut être étayée par de nouvelles démonstrations d&#39;équivalence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier pas décisif dans le renforcement de la thèse est accompli par Turing, en 1936, qui introduit une notion de machine qui est le résultat d&amp;rsquo;une analyse des opérations élémentaires qu&amp;rsquo;accomplit le conducteur d&amp;rsquo;algorithmes, peut-être stupide, mais fort obéissant dont nous avons déjà parlé. Presqu&amp;rsquo;en même temps, et indépendamment, Post décrit, en 1937,une machine analogue. La thèse que Turing énonce alors : toutes les fonctions réputées intuitivement calculables sont celles calculables par la « machine de Turing », apparaît équivalente à celle de Church puisque Turing lui-même démontre l&#39;équivalence de son concept de calculabilité avec la λ-définissabilité. Le concept de machine de Turing est important car il a permis de définir exactement le concept d&amp;rsquo;algorithme sans passer par la gödelisation et a permis d&#39;étendre à toute une série de problèmes (en particulier au problème des mots en théorie des groupes et au problème de la décidabilité des prédicats) la démonstration de l&amp;rsquo;impossibilité de résoudre le problème de Thue pour les demi-groupes qui avait été donnée par Post et Markov en 1947.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est Markov en 1951 qui donne une première définition du concept d&amp;rsquo;algorithme sans passer par la gödelisation. La thèse qu&amp;rsquo;il formule alors : tout algorithme au sens intuitif du terme peut s&#39;écrire sous forme d&amp;rsquo;algorithme de Markov, est renforcée par Detlovsk qui démontre, en 1958, l&amp;rsquo;identité de l&amp;rsquo;ensemble des fonctions récursives et des fonctions calculables par un algorithme de Markov.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Markov est parvenu à sa notion d&amp;rsquo;algorithme en s&amp;rsquo;apercevant que les démonstrations, les calculs, les transformations logiques consistent essentiellement à transformer certains mots en d&amp;rsquo;autres suivant diverses règles. C&amp;rsquo;est dire que sa formulation vient s&amp;rsquo;inscrire tout naturellement dans le cadre très général formulé par Post en 1943 et qu&amp;rsquo;on désigne maintenant sous le nom de « calcul de Post ».&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#34;https://statium.link/blog/wp-content/uploads/2015/06/diagramme_notions.png&#34;&gt;&lt;img src=&#34;https://statium.link/blog/wp-content/uploads/2015/06/diagramme_notions-300x187.png&#34; alt=&#34;diagramme_notions&#34; width=&#34;300&#34; height=&#34;187&#34; class=&#34;aligncenter size-medium wp-image-100&#34; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Les r&amp;eacute;gions limit&amp;eacute;es par des traits pointill&amp;eacute;s sont cens&amp;eacute;es repr&amp;eacute;senter des concepts intuitifs plus ou moins vagues.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Les r&amp;eacute;gions limit&amp;eacute;es par des traits fermes sont cens&amp;eacute;es repr&amp;eacute;senter des concepts pr&amp;eacute;cis.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Les traits doubles pointill&amp;eacute;s sont cens&amp;eacute;s repr&amp;eacute;senter des &amp;eacute;quivalences intuitives des &amp;laquo;&amp;nbsp;th&amp;egrave;ses&amp;nbsp;&amp;raquo;.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Les traits doubles pleins sont cens&amp;eacute;s repr&amp;eacute;senter des &amp;eacute;quivalences pr&amp;eacute;cises, prouv&amp;eacute;es par des d&amp;eacute;monstrations math&amp;eacute;matiques.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est également comme un cas très particulier de calcul de Post qu&amp;rsquo;apparaissent les grammaires de Chomsky en 1955. Elles fournissent un modèle fondamental pour l&#39;étude non seulement des langues naturelles mais aussi des langages de programmation que d&amp;rsquo;autres conférenciers auront maintes fois l&amp;rsquo;occasion de définir et de développer dans leurs exposés.&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;p&gt;&lt;a name=&#34;note1&#34;&gt;&lt;/a&gt;1. Il est clair qu&amp;rsquo;il vaut mieux, pour la bonne conduite de l&amp;rsquo;algorithme, qu&amp;rsquo;un tel homme ne sache faire que cela et qu&amp;rsquo;un mathématicien aura quelque peine à oublier la signification des calculs qu&amp;rsquo;il effectue pour tenir convenablement un tel rôle pendant longtemps : le paysage le séduit trop. Ulysse se bouchait les oreilles pour ne pas entendre le chant des Sirènes !&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;p&gt;&lt;a name=&#34;pouzin&#34;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Section : Informatique et technocratie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dimanche 19 juillet 1970 (matin), &lt;strong&gt;intervention de Louis &lt;span style=&#34;font-variant: small-caps;&#34;&gt;Pouzin&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;, Délégation générale à l&amp;rsquo;informatique (pp. 429-435)&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Intervention de Louis &lt;span style=&#34;font-variant: small-caps;&#34;&gt;Pouzin&lt;/span&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Peut-on être pour la technocratie ? Bien qu&amp;rsquo;il soit de bon ton d&#39;être contre, n&amp;rsquo;est-ce pas un simple préjugé, d&amp;rsquo;autant plus mal fondé que l&amp;rsquo;on pourrait bien soi-même appartenir à une variété de technocrates retranchés dans l&amp;rsquo;informatique. Afin d&amp;rsquo;y voir plus clair, il paraît souhaitable de s&amp;rsquo;interroger sur ce que l&amp;rsquo;on entend par « technocrate ».&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;La technocratie est-elle une forme d&#39;existence contr&amp;ocirc;l&amp;eacute;e par des machines&amp;nbsp;? C&#39;est un &amp;eacute;tat de fait beaucoup plus fr&amp;eacute;quent que l&#39;on ne se pla&amp;icirc;t &amp;agrave; le reconna&amp;icirc;tre. La vie moderne est truff&amp;eacute;e de situations o&amp;ugrave; le confort et la s&amp;eacute;curit&amp;eacute; des personnes d&amp;eacute;pendent du bon fonctionnement de machines&amp;nbsp;: air conditionn&amp;eacute;, ascenseurs, avions, etc., pour s&#39;en tenir seulement &amp;agrave; la lettre A. Les vols lunaires reposent totalement sur le bon fonctionnement d&#39;un mat&amp;eacute;riel extr&amp;ecirc;mement complexe. Mais alors on parle plut&amp;ocirc;t de science ou de technique, non de technocratie.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;La technocratie est-elle une forme de gouvernement par des techniciens&amp;nbsp;? En fait, il ne semble pas tellement que nous soyons gouvern&amp;eacute;s par des techniciens. L&#39;inventaire des personnages ou institutions d&amp;eacute;tenteurs de pouvoir ne r&amp;eacute;v&amp;egrave;le pas demodification radicale depuis plus d&#39;un demi-si&amp;egrave;cle. On y retrouve traditionnellement les repr&amp;eacute;sentants du peuple, les chefs d&#39;entreprise, les banquiers, les ministres, la police, l&#39;&amp;eacute;glise, les partis politiques, les syndicats&amp;hellip; Rien de tr&amp;egrave;s nouveau.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;La technocratie est-elle une forme occulte de gouvernement par des techniciens derri&amp;egrave;re une fa&amp;ccedil;ade de pouvoirs traditionnels&amp;nbsp;? Tous les pouvoirs ont toujours &amp;eacute;t&amp;eacute; plus ou moins assist&amp;eacute;s de conseillers divers, dont des techniciens. Il ne semble pas que le technicien ou le savant actuel soit beaucoup plus &amp;eacute;cout&amp;eacute; ou respect&amp;eacute; que son homologue des g&amp;eacute;n&amp;eacute;rations ant&amp;eacute;rieures.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;O&amp;ugrave; trouve-t-on alors cette association de technique et de pouvoir&amp;nbsp;?&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Peut-être pourrait-on déceler des traces du virus dans ces vocables nouveaux à effet certain tels que : techniques de la décision, préparation scientifique des décisions. Ce ne serait sans doute que colorations nouvelles plaquées sur des procédés anciens si le contexte n&amp;rsquo;impliquait le plus souvent l&amp;rsquo;utilisation d&amp;rsquo;ordinateurs. En d&amp;rsquo;autres termes, il y aurait là un phénomène nouveau dû à l&#39;écrasante supériorité de la machine dans le domaine du traitement de l&amp;rsquo;information. Il semblerait, aux dires de certains, que l&amp;rsquo;on pourrait maintenant évaluer les conséquences des décisions de façon scientifique, quantifiée, objective, dénuée de tout facteur affectif, en compilant une masse suffisante d&amp;rsquo;information qu&amp;rsquo;aucun individu ne pourrait synthétiser par ses seuls moyens humains. Nous serions enfin bientôt débarrassés de ces décisions subjectives prises hâtivement sous la pression des circonstances. Mais pourquoi y aurait-il encore besoin de gens pour prendre ces décisions ? Si une machine est capable de produire le bilan quantitatif d&amp;rsquo;une alternative en traitant des masses considérables de données, on ne voit pas très bien ce qui empêcherait de pousser l&amp;rsquo;opération un pas plus avant et de produire la meilleure des alternatives. Si maintenant on prend une décision différente, c&amp;rsquo;est sans doute que la meilleure alternative était inapplicable, donc mal évaluée.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce là une attitude légitime de suspicion vis-à—vis du traitement mécanique de l&amp;rsquo;information ? Sert-il vraiment à quelque chose ? Ou bien ne jouons-nous pas la tragi-comédie de prendre des décisions dictées par des machines ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De tout temps, les décisions ont été fondées notamment sur des « informations ». Tous les pouvoirs sécrètent des réseaux d&amp;rsquo;information, officiels ou non. Avec le temps et la conquête des libertés individuelles, les sociétés humaines ont développé des formes de pouvoir construites sur une collecte ouverte et organisée de l&amp;rsquo;information. C&amp;rsquo;est ce qu&amp;rsquo;on appelle une démocratie. Les opinions de chacun, recueillies au niveau le plus élémentaire, sont concentrées pour aboutir à une expression commune d&amp;rsquo;opinion générale. Sans être nécessairement partagée par tout le monde, elle devrait être au pire la moins mal partagée.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe d&amp;rsquo;autres formes moins officielles de collecte d&amp;rsquo;information : les renseignements généraux, les services spéciaux, les études de marché, les sociétés de crédit, les gangs. Ces organisations collectent et traitent des informations par leurs moyens propres, afin de pouvoir prendre des décisions conformes à leurs intérêts particuliers. Une des techniques élémentaires du renseignement consiste à entourer de mystère ce que l&amp;rsquo;on sait réellement. La collecte d&amp;rsquo;information a donc le plus souvent lieu par des voies indirectes. Le processus n&amp;rsquo;est pas consultatif en ce sens que l&amp;rsquo;on n&#39;éclaire pas 1e public sur les véritables facteurs que l&amp;rsquo;on désire connaître. Ceux-ci sont dissimulés soit par l&amp;rsquo;utilisation de moyens confidentiels, soit par des formes de collecte anonymes et peu explicatives. À quoi ou à qui servent, par exemple, les fiches de débarquement « obligatoires » que doit remplir tout passager français venant d&amp;rsquo;un aéroport étranger ? Le processus est également dénué d&amp;rsquo;aspect délibératif. Le public, n&#39;étant pas informé de la véritable information recherchée, est encore moins convié à débattre du sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait imaginer que tous ces réseaux d&amp;rsquo;information, occultes ou transparents, n&amp;rsquo;ont pour but que de rassembler le maximum d&#39;éléments à partir desquels seraient évaluées des décisions judicieuses dans un environnement déterminé. Il n&amp;rsquo;est pas interdit de penser que cela se produise en effet. Mais il est différentes natures de décisions. Peut-on par exemple placer sur le même plan les mesures de dépannage d&amp;rsquo;un atelier après un incident technique, la fermeture d&amp;rsquo;une agence régionale d&amp;rsquo;une grande société, la fixation du taux d&amp;rsquo;intérêt de la Banque de France ou l&amp;rsquo;entrée de la Grande-Bretagne dans le marché commun ? La fermeture d&amp;rsquo;une agence régionale peut être la conséquence d&amp;rsquo;une opération de concentration de moyens. Elle peut aussi mettre en émoi des notables, des clients, des politiciens. Il est nécessaire de peser tous ces éléments avant d&amp;rsquo;en décider. Mais l&amp;rsquo;opération de concentration n&amp;rsquo;en est pas moins poursuivie, avec l&amp;rsquo;objectif de fermer un certain nombre d&amp;rsquo;agences. Les facteurs essentiels seraient très différents si l&amp;rsquo;agence était le seul établissement de la société.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la pratique, les décisions sont prises à plusieurs niveaux, que l&amp;rsquo;on peut qualifier de stratégiques et tactiques. On pourrait dire aussi décision de pouvoir et de gestion, ou bien de politique et de logistique. Une décision prise à un niveau de pouvoir élevé ne peut être appliquée que par transformation en une cascade de décisions intermédiaires prises ultérieurement par un grand nombre de personnes. Traditionnellement, l&amp;rsquo;impossibilité pratique d&#39;évaluer tous les facteurs pesant sur une décision de haut niveau conduit le plus souvent à décider d&amp;rsquo;abord, tenter d&amp;rsquo;appliquer ensuite. Si un réseau d&amp;rsquo;information est utile pour aider à prendre une décision de haut niveau, il est tout aussi apte à faciliter la prise des décisions subséquentes, qui sont les plus nombreuses, et d&amp;rsquo;autant plus ressenties par le public qu&amp;rsquo;elles atteignent un stade final d&amp;rsquo;application. Comme il existe souvent une multitude de voies pour aboutir à des objectifs généraux, les décisions intermédiaires ont surtout pour but de choisir des voies de moindre résistance. Un réseau d&amp;rsquo;information est alors un outil inséparable du pouvoir pour aboutir à la réalisation de ses objectifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&amp;rsquo;information collectée et traitée par les seuls moyens humains est personnalisée. Les traits d&amp;rsquo;observation et de jugement des individus influent sur les résultats. La masse d&amp;rsquo;information est de plus limitée. En face de cela, un ordinateur peut absorber une quantité quasi-illimitée d&amp;rsquo;informations brutes. Il serait donc l&amp;rsquo;outil idéal pour remédier aux défauts inhérents aux moyens d&amp;rsquo;information humains, tant par sa puissance de synthèse que par son objectivité.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En réalité, une masse d&amp;rsquo;informations brutes est inutilisable, quelle que soit la manière d&amp;rsquo;additionner des faits élémentaires, car ils n&amp;rsquo;ont pas la même signification du point de vue de ce que l&amp;rsquo;on recherche. Pour obtenir des résultats utilisables, il faut traiter l&amp;rsquo;information, autrement dit utiliser des procédés d&amp;rsquo;analyse et de réduction des données qui les transforment selon des lois choisies avec plus ou moins de bonheur. Il peut apparaître à ce stade des distorsions involontaires ou non, conséquences d&amp;rsquo;erreurs techniques ou de coups de pouce délibérés. Il est courant de lire des résultats d&#39;études donnant une pléthore de chiffres en apparence cohérente (la somme des pourcentages est 100) et qui ont la réputation de sortir des ordinateurs. On n&amp;rsquo;indique jamais de quelle manière ces résultats ont été obtenus. Ce serait d&amp;rsquo;ailleurs impraticable, car le traitement effectué peut être d&amp;rsquo;une telle complexité que sa compréhension est réservée aux seuls spécialistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&amp;rsquo;ordinateur producteur d&amp;rsquo;information est communément crédité de cette neutralité qui fait tomber les passions et clôt les discussions. Or, le seul élément neutre se réduit à l&amp;rsquo;ordinateur. Les informations brutes ne sont pas neutres. Aussi nombreuses soient-elles, elles sont choisies parmi d&amp;rsquo;autres que l&amp;rsquo;on ne retient pas. Le traitement n&amp;rsquo;est pas neutre, c&amp;rsquo;est un programme qui reflète une méthode de certains experts. Les résultats ne sont pas neutres, car il est bien rare que l&amp;rsquo;on publie tout ce qu&amp;rsquo;il est possible d&amp;rsquo;obtenir. Mais l&amp;rsquo;ordinateur impavide sert de paravent commode. Il n&amp;rsquo;est plus possible de contester l&amp;rsquo;information dont personne n&amp;rsquo;est responsable. Tout au plus admet-on quelquefois une « erreur » d&amp;rsquo;ordinateur, autre paravent commode pour désigner une erreur humaine. Puisque les informations sont supposées neutres, cette qualité se transfère aussi aux décisions qui en découlent logiquement, disons fatalement. Il est humain d&#39;être en désaccord avec des décisions prises par d&amp;rsquo;autres, et au besoin de s&amp;rsquo;en prendre aux auteurs. Si un pouvoir est jugé par trop contraignant, certaines personnes peuvent tenter de s&amp;rsquo;en saisir en en chassant d&amp;rsquo;autres. Prendre ou conserver le pouvoir sont des occupations qui impliquent nommément des individus. Faire passer l&amp;rsquo;ordinateur pour le véritable instrument de décision a pour effet de dépersonnaliser le pouvoir. C&amp;rsquo;est sans doute pour ceux qui le détiennent un moyen adroit de le conserver, car on ne voit pas très bien comment prendre un pouvoir qui n&amp;rsquo;est visiblement exercé par personne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&amp;rsquo;ordinateur paravent n&amp;rsquo;est pas seulement utile aux mains de ceux qui détiennent le pouvoir face à ceux qui ne l&amp;rsquo;ont pas. Habituellement, le pouvoir est en réalité un ensemble de clans, organismes, directions,… entre lesquels apparaissent des désaccords et des rivalités pour des positions plus dominantes. La connaissance des techniques informatiques est encore assez précaire dans les milieux dirigeants, dont la moyenne d&#39;âge fait remonter la formation à une autre époque. Moyennant une présentation quelque peu différente, un homme de pouvoir est aussi neutralisé par des produits d&amp;rsquo;ordinateur qu&amp;rsquo;un homme sans pouvoir. À toutes fins utiles, il est prudent de s&amp;rsquo;entourer des meilleurs augures avant de prendre une décision comportant des risques. En cas d&amp;rsquo;ennui, la référence à l&amp;rsquo;ordinateur peut apporter des justifications ou échappatoires supplémentaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En résumé, l&amp;rsquo;informatique apporte de nouveaux instruments de pouvoir que nous ne savons pas encore bien utiliser ou neutraliser. Il se caractérisent par une présentation scientifique des informations et des décisions. La technicité et la dépersonnalisation apparentes des mécanismes utilisés les rend assez peu vulnérables à la contestation individuelle. La distinction entre les méthodes rigoureuses et les amalgames pseudo-scientifiques est encore assez peu perceptible dans la société actuelle, et le mythe de l&amp;rsquo;ordinateur se cultive aussi bien dans les milieux de pouvoir qu&#39;à l&amp;rsquo;extérieur. L&amp;rsquo;invocation de l&amp;rsquo;ordinateur est un camouflage commode pour l&amp;rsquo;accomplissement de politiques occultes.&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;p&gt;Sous la présidence de M&lt;sup&gt;me&lt;/sup&gt; Claudine &lt;span style=&#34;font-variant: small-caps;&#34;&gt;Marenco&lt;/span&gt;, hormis les conférenciers, sont intervenus dans la discussion R. &lt;span style=&#34;font-variant: small-caps;&#34;&gt;Cohen&lt;/span&gt;, F. &lt;span style=&#34;font-variant: small-caps;&#34;&gt;Le Lionnais&lt;/span&gt;, R. &lt;span style=&#34;font-variant: small-caps;&#34;&gt;Mesrine&lt;/span&gt;, J. &lt;span style=&#34;font-variant: small-caps;&#34;&gt;Urvoy&lt;/span&gt;, J. &lt;span style=&#34;font-variant: small-caps;&#34;&gt;Weinbach&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
</description>
    </item>
    
    <item>
      <title>Scratch pour les kids</title>
      <link>https://golb.statium.link/post/20150408scratchpourleskids/</link>
      <pubDate>Wed, 08 Apr 2015 00:00:00 +0000</pubDate>
      <author>situveuxmonadresse@demande-la.moi (Christophe Masutti)</author>
      <guid>https://golb.statium.link/post/20150408scratchpourleskids/</guid>
      <description>&lt;p&gt;Vous avez certainement entendu parler de &lt;a href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Scratch_%28langage%29&#34;&gt;Scratch&lt;/a&gt;. Peut-être même, avec un peu de chance, un enseignant de l&amp;rsquo;école primaire ou du collège de vos enfants en a fait la promotion voire a organisé une séance d&amp;rsquo;initiation en salle informatique. Bon… ce serait dans le meilleur des mondes. Si l&amp;rsquo;Éducation Nationale se mettait vraiment à exploiter les solutions libres et efficaces d&amp;rsquo;apprentissage de l&amp;rsquo;informatique, on le saurait. Quoique cela c&amp;rsquo;est déjà produit ! Souvenez-vous du &lt;a href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Logo_%28langage%29&#34;&gt;LOGO&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;OK, ce n&amp;rsquo;était pas vraiment libre, mais cela provenait tout droit des années 1960, avant l&amp;rsquo;apparition des licences libres. J&amp;rsquo;y ai eu droit dans les années 1980, et cela a contribué énormément (fondamentalement) à ma connaissance des machines et la compréhension de la logique informatique. Depuis presque 10 ans, pourtant, un petit nouveau a fait son apparition, c&amp;rsquo;est Scratch. Et à utiliser avec les enfants, c&amp;rsquo;est un vrai bonheur ! Voici quelques réflexions à propos de Scratch et sur la récente parution de &lt;em&gt;Scratch pour les Kids&lt;/em&gt; (en français), chez Eyrolles.&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Titre : &lt;a href=&#34;http://www.editions-eyrolles.com/Livre/9782212141115/scratch-pour-les-kids&#34;&gt;Scratch pour les Kids&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;V.O. : &lt;em&gt;Super Scratch Programming Adventure&lt;/em&gt;, 2nd Edition&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Auteur : The LEAD Project&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Editeur : Eyrolles&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Date : 2015&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Nb. de pages : 160&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;ISBN : 978-2-212-14111-5&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Si vous voulez tester Scratch rapidement et en ligne, sans avoir besoin d&amp;rsquo;installer un programme sur votre machine, il suffit de vous rendre sur le site &lt;a href=&#34;https://scratch.mit.edu/&#34;&gt;scratch.mit.edu&lt;/a&gt; (j&amp;rsquo;ai une préférence personnelle pour l&amp;rsquo;alternative &lt;a href=&#34;https://snap.berkeley.edu/&#34;&gt;Snap!&lt;/a&gt;). Vous pourrez disposer de l&amp;rsquo;interface et faire partie ainsi des millions d&amp;rsquo;utilisateurs qui s&amp;rsquo;échangent leurs projets. Vous aurez aussi droit à la toute dernière version de Scratch, même s&amp;rsquo;il est assez facile d&amp;rsquo;installer localement le programme, en particulier si vous devez l&amp;rsquo;utiliser sans connexion Internet (je préconise personnellement l&amp;rsquo;installation en local, qui donne l&amp;rsquo;opportunité aussi d&amp;rsquo;appréhender la question de la sauvegarde et de la gestion de fichiers).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Scratch, c&amp;rsquo;est quoi ? Il n&amp;rsquo;est pas très utile ici de développer une présentation en détail. Le site officiel est déjà très complet à ce propos. En gros, Scratch est dérivé de manière assez lointaine (mais évidente) du LOGO via un logiciel nommé &lt;a href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/Squeak&#34;&gt;Squeak&lt;/a&gt;. Il s&amp;rsquo;agit d&amp;rsquo;interpréter graphiquement du code pour faciliter son approche, ce qui permet de manipuler de manière très visuelle des blocs de code de manière à créer des projets-programmes. Aux yeux d&amp;rsquo;un enfant, le résultat est toujours immédiat : il peut voir ses scripts en action, même de manière indépendante les uns des autres, et s&amp;rsquo;amuser à contruire tout un projet, le partager, l&amp;rsquo;améliorer, etc. Par exemple, au Québec, où Scratch est largement utilisé dans le monde éducatif, vous pouvez trouver le site &lt;a href=&#34;http://squeaki.recitmst.qc.ca/PageAccueil&#34;&gt;Squeaky MST&lt;/a&gt; qui a l&amp;rsquo;avantage de proposer des bouts de codes bien pratiques adaptés à différentes situations ainsi que des présentations et des tutoriels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src=&#34;https://golb.statium.link/images/capture_scratch2.png&#34; alt=&#34;Capture d&amp;rsquo;écran&#34;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&amp;rsquo;interface, quant à elle, est attrayante. Une fenêtre montre toujours le projet en action et l&amp;rsquo;outil principal est la souris qui permet de déplacer les blocs de scripts. Pour un adulte, la prise en main n&amp;rsquo;en est que plus rapide. Au bout de quelques essais, on en vient vite à comprendre le fonctionnement général. Mais une question se pose : n&amp;rsquo;est-on pas vite limité par nos propres connaissances de l&amp;rsquo;informatique en général ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut jouer carte sur table : soit vous laissez l&amp;rsquo;enfant s&amp;rsquo;amuser et s&amp;rsquo;approprier Scratch tout seul, soit vous l&amp;rsquo;aidez et montez des projets avec lui, et de manière pédagogique vous élevez progressivement le niveau d&amp;rsquo;exigence. Si vous préferez la première solution, c&amp;rsquo;est que peut-être vous même n&amp;rsquo;êtes pas à l&amp;rsquo;aise avec l&amp;rsquo;informatique. Ce n&amp;rsquo;est pas un reproche, mais je vous rends attentif au fait que, si pour vous il s&amp;rsquo;agit d&amp;rsquo;une question de choix (alors que c&amp;rsquo;est faux) vos enfants, eux, ne se posent pas la question d&amp;rsquo;avoir ou non le choix : les machines sont et seront leur quotidien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant d&amp;rsquo;être assis devant un ordinateur en longueur de journée, comme c&amp;rsquo;est peut-être votre cas si vous faites un travail de bureau, par exemple, si vous aviez eu la possibilité d&amp;rsquo;apprendre l&amp;rsquo;informatique à l&amp;rsquo;école (et je parle d&amp;rsquo;informatique, pas de l&amp;rsquo;actuel B2i qui n&amp;rsquo;est qu&amp;rsquo;une forme d&amp;rsquo;utilisation superficielle de quelques logiciels), je suis certain que votre utilisation quotidienne d&amp;rsquo;une machine serait profondément différente. À l&amp;rsquo;école, je n&amp;rsquo;ai pas appris ce qu&amp;rsquo;est un protocole de communication, ni comment réaliser un site web, ni installer un système d&amp;rsquo;exploitation, etc. Rien de tout cela. J&amp;rsquo;ai juste appris à entrer quelques commandes avec le LOGO, le &lt;a href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/BASIC&#34;&gt;BASIC&lt;/a&gt; et, au collège, programmer des règles de calculs avec le &lt;a href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/Pascal_%28langage%29&#34;&gt;Pascal&lt;/a&gt;. L&amp;rsquo;apprentissage de la programmation informatique (non, on ne dit pas « coder ») permet de rendre autonome, d&amp;rsquo;avoir de bons réflexes, essentiellement basés sur le partage de connaissances, la recherche de solutions et, j&amp;rsquo;en suis convaincu, sert à tous les niveaux et tous les types d&amp;rsquo;apprentissages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, si vous voulez vraiment bien accompagner votre enfant dans l&amp;rsquo;apprentissage de Scratch (et plus tard vers d&amp;rsquo;autres langages), il y a quand même un minimum de pré-requis, que vous vous pouvez acquérir en un minimum de temps, simplement en vous renseignant. L&amp;rsquo;essentiel est d&amp;rsquo;être à l&amp;rsquo;aise car si vous ne l&amp;rsquo;êtes pas, vous atteindrez vite les limites de tolérance de votre enfant, en particulier si à chaque étape que vous n&amp;rsquo;aurez pas anticipée, vous êtes obligé de vous arrêter, paniquer, perdre patience, et finir par laisser tomber. Ce serait dommage, non ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Heureusement, Scratch ne fait pas partie de ces langages où, pour comprendre une fonction et l&amp;rsquo;utiliser, il faut en plus savoir comment elle sera interprétée par la machine. Non : on utilise des blocs, on les assemble, on peut y ajouter quelques variables, et on voit le résultat. C&amp;rsquo;est tout. Mais par où commencer ? Si &lt;em&gt;a priori&lt;/em&gt; Scratch semble être un joyeux cliquodrome facile d&amp;rsquo;accès, sans un guide pour vous orienter, la frustration fini par être au rendez-vous. C&amp;rsquo;est là qu&amp;rsquo;intervient un magnifique petit ouvrage parfaitement adapté à une utilisation conjointe adulte/enfant : &lt;em&gt;Scratch pour les Kids&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La présentation du livre a été pensée de manière très pédagogique. Il est divisé en 10 chapitres, appelés « niveaux », introduit par une petite bande dessinée. Chaque chapitre reprend les acquis précédents pour aller toujours plus loin dans l&amp;rsquo;apprentissage de Scratch. Si l&amp;rsquo;on peut appréhender, au départ, les longues phases de saisie, tout a néanmoins été fait pour que chaque script soit expliqué, partie après partie. C&amp;rsquo;est là qu&amp;rsquo;intervient un autre avantage de Scratch : chaque petit script est « jouable » indépendamment du reste du programme. L&amp;rsquo;enfant ne se lasse pas et l&amp;rsquo;adulte non plus ! Dès le niveau 2, c&amp;rsquo;est un jeu très visuel qui est créé. Il peut se lancer immédiatement mais la cerise, c&amp;rsquo;est que l&amp;rsquo;enfant a tout de suite envie d&amp;rsquo;y apporter des améliorations&amp;hellip; comme il se trouve assez vite coinçé par manque de pratique, il va naturellement poursuivre le chapitre suivant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le mode d&amp;rsquo;emploi, l&amp;rsquo;ouvrage est déclaré « dès 8 ans ». Il est vrai que c&amp;rsquo;est à partir de cet âge, et même un peu avant, qu&amp;rsquo;on peut commencer à travailler avec le LOGO. Néanmoins, le bon maniement de la souris, l&amp;rsquo;autonomie face à la gestion des fichiers, le fait de rechercher la meilleure méthode pour organiser ses scripts, etc. tout cela m&amp;rsquo;oblige à dire qu&amp;rsquo;attendre 9 ans ne me paraît pas exagéré. Dans tous les cas, avant 12 ans, la meilleure solution est de travailler à deux, l&amp;rsquo;adulte et l&amp;rsquo;enfant. L&amp;rsquo;adulte pour expliquer certains termes, et aider l&amp;rsquo;enfant à créer ses scripts. L&amp;rsquo;enfant aux commandes, lisant l&amp;rsquo;ouvrage et appliquant les méthodes des différents niveaux. De même, faire deux niveaux d&amp;rsquo;un coup serait présumer de la concentration de l&amp;rsquo;enfant : mieux vaut bien comprendre un niveau et le laisser improviser sur la base des connaissances nouvellement apprises que d&amp;rsquo;enchaîner aussitôt au niveau supérieur. Pour finir, il sera ensuite temps de passer à la programmation proprement dite, en commençant par &lt;a href=&#34;http://www.eyrolles.com/Informatique/Livre/python-pour-les-kids-9782212140880&#34;&gt;Python pour les kids&lt;/a&gt;&lt;/a&gt;, par exemple&amp;hellip;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour utiliser Scratch, vous avez plusieurs solutions :&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Utiliser la version en ligne sur &lt;a href=&#34;https://scratch.mit.edu&#34;&gt;Scratch.mit.edu&lt;/a&gt; ou bien &lt;a href=&#34;https://snap.berkeley.edu/&#34;&gt;Snap!&lt;/a&gt;,&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Installer la version &lt;em&gt;offline&lt;/em&gt; de la dernière version de Scratch (pour GNU/Linux, MacOS et Windows). Cela nécessite l&amp;rsquo;installation de Adobe AIR (dommage, ce n&amp;rsquo;est pas libre),&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Si vous êtes sous une distribution GNU/Linux, Scratch est sans doute dans vos dépôts. Attention, toutefois : la version de Scratch utilisée dans l&amp;rsquo;ouvrage est la version 2. Il y a de grandes chances que vos dépôts proposent une version différente.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Enfin, si vous optez pour l&amp;rsquo;installation en local, vous pouvez rapatrier les projets mentionnés dans l&amp;rsquo;ouvrage simplement en les téléchargeant depuis le site. Il suffit de se rendre sur la &lt;a href=&#34;http://www.editions-eyrolles.com/Livre/9782212141115/scratch-pour-les-kids&#34;&gt;page du livre&lt;/a&gt; et télécharger les &lt;em&gt;Compléments&lt;/em&gt; (env. 15 Mo). Il s&amp;rsquo;agit d&amp;rsquo;un fichier compressé contenant deux dossiers : le premier avec les fichiers des exemples du livre et les scripts, le second avec les exemples « nus », c&amp;rsquo;est à dire les images, les lutins, etc. et sans les scripts.&lt;/p&gt;
</description>
    </item>
    
    <item>
      <title>Internet, pour un contre ordre social</title>
      <link>https://golb.statium.link/post/20140926internetcontre-ordresocial/</link>
      <pubDate>Fri, 26 Sep 2014 00:00:00 +0000</pubDate>
      <author>situveuxmonadresse@demande-la.moi (Christophe Masutti)</author>
      <guid>https://golb.statium.link/post/20140926internetcontre-ordresocial/</guid>
      <description>&lt;p&gt;Les bouleversement des modèles socio-économiques induits par Internet nécessitent aujourd&amp;rsquo;hui une mobilisation des compétences et des expertises libristes pour maintenir les libertés des utilisateurs. Il est urgent de se positionner sur une offre de solutions libres, démocratiques, éthiques et solidaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici un article paru initialement dans &lt;a href=&#34;http://www.unixgarden.com/&#34;&gt;Linux Pratique&lt;/a&gt; num. 85 Septembre/Octobre 2014, et repris sur le &lt;a href=&#34;http://www.framablog.org/index.php/post/2014/09/05/internet-pour-un-contre-ordre-social-christophe-masutti&#34;&gt;Framablog&lt;/a&gt; le 5 septembre 2014.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Téléchargements :&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&#34;https://golb.statium.link/docus/cmasutti_internetpouruncontreordresocial_lal20140926.pdf&#34;&gt;Article au format PDF (LaTeX)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&#34;cmasutti_internetpouruncontreordresocial_lal20140926.zip&#34;&gt;Sources (.tex, .markdown, .html)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
</description>
    </item>
    
    <item>
      <title>Questions de sécurité démocratique</title>
      <link>https://golb.statium.link/post/20140717questionsdesecuritedemo/</link>
      <pubDate>Thu, 17 Jul 2014 00:00:00 +0000</pubDate>
      <author>situveuxmonadresse@demande-la.moi (Christophe Masutti)</author>
      <guid>https://golb.statium.link/post/20140717questionsdesecuritedemo/</guid>
      <description>&lt;p&gt;Le jour même de la &lt;a href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/Attentats_de_janvier_2015_en_France&#34;&gt;série d&amp;rsquo;assassinats terroristes&lt;/a&gt; à Charlie Hebdo et Porte de Vincennes en ce mois de janvier 2015, plusieurs politiciens ont proposé, au nom de la sécurité collective, de revoir l&amp;rsquo;équilibre entre les libertés individuelles et la sécurité. Sur ce blog, j&amp;rsquo;ai eu l&amp;rsquo;occasion, le lendemain des faits, de signaler le paradoxe qu&amp;rsquo;il y avait à former, au nom de la liberté d&amp;rsquo;expression, une union politique autour des questions de sécurité collective dans une guerre contre le terrorisme. Dès lors il me semble important de se pencher sur les discours politiques qui ont et qui vont scander la vie publique cette année 2015.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans tous les cas où la sécurité publique est abordée de manière politique, le choix est imposé entre une définition de la démocratie et l&amp;rsquo;équilibre entre les droits individuels et la sécurité. Or, de tous les concepts, celui de sécurité est au mieux défini de manière floue (ce qui n&amp;rsquo;empêche pas la bienveillance, lorsque par exemple la santé ou la défense des salariés sont reconnues comme des formes de sécurité) et au pire complètement dévoyé pour servir des intérêts divergents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les études de cas ne manquent pas autour de la notion de &lt;em&gt;sécurité démocratique&lt;/em&gt;, telle cette étude de C. Da Agra intitulée « &lt;a href=&#34;http://www.cairn.info/revue-deviance-et-societe-2001-4-page-499.htm&#34;&gt;De la sécurité démocratique à la démocratie de sécurité : le cas Portugais&lt;/a&gt; » (dans &lt;em&gt;Déviance et Société&lt;/em&gt;, 25, 2001), ou encore cette étude sur le &lt;a href=&#34;http://www.cairn.info/resume.php?ID_ARTICLE=PAL_083_0081&#34;&gt;cas colombien&lt;/a&gt;. L&amp;rsquo;Unesco défend l&amp;rsquo;idée que la question de la sécurité démocratique devrait être conçue « comme une matrice au sein de laquelle les questions relevant de la sécurité pourraient être abordées de façon permanente par l&amp;rsquo;ensemble des acteurs de la société » (voir &lt;a href=&#34;http://www.unesco.org/cpp/fr/paix/chantier.htm&#34;&gt;ici&lt;/a&gt;), de manière à éviter d&amp;rsquo;être accaparée par quelques uns et les conflits d&amp;rsquo;intérêts. Telle est la problématique soulevée par &lt;a href=&#34;http://www.alterinfos.org/spip.php?article1215&#34;&gt;cet article&lt;/a&gt; sur le cas colombien, justement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&amp;rsquo;annonce d&amp;rsquo;une &lt;a href=&#34;http://www.usias.fr/actualites-agenda/agenda/evenement/?tx_ttnews%5Btt_news%5D=9948&amp;amp;cHash=162063dbafba98b5b788744d477c0bb2&#34;&gt;conférence&lt;/a&gt; qui se tiendra prochainement à l&amp;rsquo;Université de Strasbourg (voir &lt;a href=&#34;http://www.usias.fr/evenements/usias-symposium-democratic-security/&#34;&gt;le programme&lt;/a&gt;) m&amp;rsquo;a fait connaître une partie des travaux de Liora Lazarus, professeure de droit à l&amp;rsquo;Université d&amp;rsquo;Oxford. Cette dernière travaille depuis longtemps sur les questions relatives au droit et à la sécurité. &lt;a href=&#34;http://papers.ssrn.com/sol3/papers.cfm?abstract_id=2207936&#34;&gt;Un texte de sa part&lt;/a&gt;, rédigé en 2010 et publié en 2012&lt;sup id=&#34;fnref:1&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:1&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;, intitulé « &lt;a href=&#34;http://papers.ssrn.com/sol3/papers.cfm?abstract_id=2207936&#34;&gt;The Right to Security – Securing Rights or Securitising Rights&lt;/a&gt; » (Le droit à la sécurité – sécuriser les droits ou sécuritariser les droits) m&amp;rsquo;a semblé tout particulièrement visionnaire, lorsqu&amp;rsquo;on le lit à la lumière des récents événements terroristes sur le sol français.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne résiste pas à vous livrer ici la traduction personnelle (et donc perfectible) d&amp;rsquo;une section de son article, intitulée &lt;em&gt;Rhetorical expressions of the right to security&lt;/em&gt; (les expressions rhétoriques du droit à la sécurité).&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rhetorical expressions of the right to security&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les lecteurs ne seront pas surpris d&amp;rsquo;apprendre que le droit à la sécurité est souvent mentionné dans les discussions relatives à la « guerre contre le terrorisme ». On recourt au droit pour justifier les mesures coercitives anti-terroristes, tant à l&amp;rsquo;intérieur qu&amp;rsquo;à l&amp;rsquo;extérieur des États-Unis, ou même pour justifier l&amp;rsquo;invasion militaire ou les réponses en Afghanistan&lt;sup id=&#34;fnref:2&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:2&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;, au Kosovo&lt;sup id=&#34;fnref:3&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:3&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;, au Pakistan&lt;sup id=&#34;fnref:4&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:4&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;, et dans le cas de la Colombie, en Équateur&lt;sup id=&#34;fnref:5&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:5&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;5&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;. Il y a beaucoup d&amp;rsquo;exemples, mais deux d&amp;rsquo;entre eux démontrent particulièrement bien ce point. Lors de l&amp;rsquo;exposé de la politique anti-terroriste de l&amp;rsquo;Union Européenne, Franco Frattini déclara : « Notre objectif politique reste à trouver le juste équilibre entre le droit fondamental à la sécurité des citoyens, qui est en premier lieu le droit à la vie, et les autres droits des individus, y compris le droit à la vie privée et les droits procéduraux »&lt;sup id=&#34;fnref:6&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:6&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;. De même au Royaume-Uni, à propos de politique anti-terroriste en 2006, John Ried, ancien ministre de l&amp;rsquo;Intérieur, déclara : « Dans la mesure où nous sommes confrontés à une menace d&amp;rsquo;assassinat de masse, nous devons accepter que les droits individuels dont nous jouissons devront s&amp;rsquo;équilibrer avec le droit collectif à la sécurité, à la protection de la vie et de l&amp;rsquo;intégrité physique que nos citoyens exigent. »&lt;sup id=&#34;fnref:7&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:7&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;7&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les hommes politiques ne sont pas les seuls à tenir ce langage. Les citoyens aussi articulent le droit à la sécurité par rapport à la « guerre contre la terreur ». Comme l&amp;rsquo;écrit Emily Cochrane dans le &lt;em&gt;Carstairs Courier&lt;/em&gt; en Alberta :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;« Le Canadian Charter of Rights and Freedoms…, déclare le droit à la sécurité des personnes. Lorsque des membres d&amp;rsquo;une organisation terroriste Taliban firent s&amp;rsquo;écraser des avions dans une attaque stratégique contre l&amp;rsquo;Amérique le 9/11, en tuant 2,973 personnes, ceux qui ont soutenu ces actions et ceux qui les ont abrité, ont perdu leur droit à la sécurité tout comme ils ont causé la perte de la vie de tant d&amp;rsquo;autres personnes. Le peuple des États-Unis a un droit à la sécurité – de vivre sans peur, et le seul moyen d&amp;rsquo;y parvenir était de neutraliser la menace à la source. »&lt;sup id=&#34;fnref:8&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:8&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;8&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces références nous apprennent deux choses importantes : premièrement que le droit à la sécurité est mentionné pour renforcer la rhétorique politique dans une situation de conflit militaire et de guerre contre le terrorisme, d&amp;rsquo;une manière subtile et importante. Ce processus de légitimation (et peut-être de désinfection) par référence au discours sur les droits est ce que nous pourrions appeler une « conformation de la sécurité au droit » (&lt;em&gt;righting security&lt;/em&gt;). Le cadrage du droit sur la sécurité permet aux politiques de faire passer leurs actions coercitives comme le corrélat nécessaire d&amp;rsquo;un droit. En d&amp;rsquo;autres termes, la recherche de la sécurité n&amp;rsquo;est pas seulement un choix politique en vertu d&amp;rsquo;un bien public, c&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;accomplissement d&amp;rsquo;un devoir imposé à l&amp;rsquo;État par le droit fondamental de chaque individu à la sécurité.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De manière toute aussi cruciale, présenter de telles actions de l&amp;rsquo;État comme ayant été motivées par notre droit fondamental est au cœur de la rhétorique du « rééquilibrage » entre la sécurité et les droits de l&amp;rsquo;homme. Cette langue du rééquilibrage oppose de manière générale le droit à la sécurité de la majorité aux droits des minorités qui pourraient être violés.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#39;« altérité » intrinsèque dans ce rééquilibrage rhétorique est bien illustré par l&amp;rsquo;ancien Procureur général Lord Goldsmith, qui a fait valoir qu&amp;rsquo;il est difficile de trouver un « calcul utilitaire simple pour trouver l&amp;rsquo;équilibre entre le droit à la sécurité du plus grand nombre et les droits de quelques uns »&lt;sup id=&#34;fnref:9&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:9&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;9&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;. Néanmoins, les politiques sont en désaccord quant à l&amp;rsquo;importance du droit à la sécurité, et donc savoir où situer l&amp;rsquo;équilibre entre la sécurité et les droits de la défense qui lui sont rivaux. Alors que John Reid croit que « le droit à la sécurité, à la protection de la vie et de la liberté, est et doit être le droit fondamental sur lequel tous les autres doivent s&amp;rsquo;appuyer »&lt;sup id=&#34;fnref:10&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:10&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;10&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;, Sir Menzies Campbell&lt;sup id=&#34;fnref:11&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:11&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;11&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; note que tandis que le public « a un droit à la sécurité », il « a aussi un droit à la sécurité contre la puissance de l&amp;rsquo;État »&lt;sup id=&#34;fnref:12&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:12&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;12&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;. Pourtant, une telle définition de la sécurité comme un droit de la défense contre l&amp;rsquo;intervention d&amp;rsquo;État est, dans la rhétorique politique, moins couramment utilisée que la dimension positive du droit issue des devoirs coercitifs de l&amp;rsquo;État.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces idées divergentes à propos du droit à la sécurité, et son poids dans la balance entre sécurité et liberté, joue directement sur la manière dont les gouvernements renforcent les pouvoirs de police et évaluent l&amp;rsquo;activité militaire devant une menace sécuritaire. Il y a très peu de clarté ou de conseil sur la manière d&amp;rsquo;équilibrer le droit à la sécurité là où il est invoqué pour légitimer la force de l&amp;rsquo;État aussi bien dans le contexte national qu&amp;rsquo;international. Cette situation est problématique parce que la portée du droit à la sécurité, son poids par rapport à d&amp;rsquo;autres droits, ses limites admissibles, et les devoirs corrélatifs qu&amp;rsquo;il impose à l&amp;rsquo;État, sont toutes des questions auxquelles il faut répondre avant de savoir comment les « équilibres » pourraient être atteints.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;section class=&#34;footnotes&#34; role=&#34;doc-endnotes&#34;&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li id=&#34;fn:1&#34; role=&#34;doc-endnote&#34;&gt;
&lt;p&gt;Voir Liora Lazarus, « The Right to Security – Securing Rights or Securitising Rights », dans : Rob Dickinson et al., &lt;em&gt;Examining Critical Perspectives On Human Rights&lt;/em&gt;, Cambridge : Cambridge Univ. Press, 2012, p. 87-106. &lt;a href=&#34;#fnref:1&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:2&#34; role=&#34;doc-endnote&#34;&gt;
&lt;p&gt;E. Cochrane, &lt;em&gt;Troops deserve our support&lt;/em&gt;, Carstairs Courier (Alberta), 6 November 2007. &lt;a href=&#34;#fnref:2&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:3&#34; role=&#34;doc-endnote&#34;&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;The Vancouver Sun&lt;/em&gt;, &amp;quot;Yeltsin&amp;rsquo;s final fling: The Russian leader, often portrayed in the West as a boorish drunk, had substance that belied his unvarnished style&amp;quot;, 27 January 2001: &amp;quot;The Kosovo conflict demonstrated the worst political tendencies and double standards of modern Europe. It was claimed, for example, that human rights were more important than the rights of a single state. But when you violate the rights of a state, you automatically and egregiously violate the rights of its citizens, including their rights to security&amp;quot;. &lt;a href=&#34;#fnref:3&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:4&#34; role=&#34;doc-endnote&#34;&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;The Press Trust of India&lt;/em&gt;, &amp;quot;Pak should give firm assurance against abetting terrorism&amp;quot;, 30 December 2001: &amp;quot;Stating that terrorism had crossed the lakshman rekha (the limit of patience) with the December 13 attack on Indian Parliament, Advani said, &lt;em&gt;no sovereign nation which is conscious of its right to security can sit silent. It has to think as to what steps need to be taken to check this menace&lt;/em&gt;.&amp;quot;&amp;quot; (Quoting India&amp;rsquo;s Federal Home Minister L. Advani in a programme on national broadcaster, Doordarshan). &lt;a href=&#34;#fnref:4&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:5&#34; role=&#34;doc-endnote&#34;&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;BBC Worldwide Monitoring&lt;/em&gt;, &amp;quot;Colombia defends its incursion into Ecuador&amp;quot; 23 March 2008: Communique issued by the Presidency of the Republic in Bogota on 22 March. &amp;quot;The Colombian Government hereby expresses:. 1/ Its full observance of the decisions adopted by the OAS. 2/ Reminds the world that the camp of alias &lt;em&gt;Raul Reyes&lt;/em&gt; was a site of terrorists who acted. &lt;a href=&#34;#fnref:5&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:6&#34; role=&#34;doc-endnote&#34;&gt;
&lt;p&gt;European Commissioner responsible for Justice, Freedom and Security &amp;quot;EU counter-terrorism strategy&amp;quot; &lt;em&gt;European Parliament&lt;/em&gt;, 5 September 2007, Speech/07/505. &lt;a href=&#34;#fnref:6&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:7&#34; role=&#34;doc-endnote&#34;&gt;
&lt;p&gt;J. Reid, &amp;quot;Rights, security must be balanced&amp;quot;, &lt;em&gt;Associated Press Online&lt;/em&gt;, 16 August 2006. &lt;a href=&#34;#fnref:7&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:8&#34; role=&#34;doc-endnote&#34;&gt;
&lt;p&gt;Cochrane, &lt;em&gt;Troops deserve our support&lt;/em&gt;. &lt;a href=&#34;#fnref:8&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:9&#34; role=&#34;doc-endnote&#34;&gt;
&lt;p&gt;Full text of speech reported by BBC News &amp;ldquo;Lord Goldsmith&amp;rsquo;s speech in Full&amp;rdquo; 25 June 2004, available at &lt;a href=&#34;http://news.bbc.co.uk/2/hi/uk_news/politics/3839153.stm&#34;&gt;news.bbc.co.uk&lt;/a&gt; (accessed 14 September 2010). &lt;a href=&#34;#fnref:9&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:10&#34; role=&#34;doc-endnote&#34;&gt;
&lt;ol start=&#34;10&#34;&gt;
&lt;li&gt;Full text of speech reported by BBC News &amp;ldquo;Reid urges human rights shake-up&amp;rdquo;, 12 May 2007, available at &lt;a href=&#34;http://news.bbc.co.uk/2/hi/uk_news/politics/6648849.stm&#34;&gt;news.bbc.co.uk&lt;/a&gt; (accessed 14 September 2010).&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
 &lt;a href=&#34;#fnref:10&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:11&#34; role=&#34;doc-endnote&#34;&gt;
&lt;p&gt;(NdT.:) député au parlement du Royaume-Uni, voir &lt;a href=&#34;http://en.wikipedia.org/wiki/Menzies_Campbell&#34;&gt;notice Wikipedia&lt;/a&gt;. &lt;a href=&#34;#fnref:11&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:12&#34; role=&#34;doc-endnote&#34;&gt;
&lt;p&gt;Speech made in the House of Commons debates into extending the limits of pre-charge detention, 25 July 2007, HC Deb., vol. 463, col. 851. Ironically, this framing of security as a defensive right against state action was part of the rationale behind the Second Amendment of the US Constitution which allowed for an armed citizenry to defend against abuses by undemocratic government (L. Emery, &amp;quot;The Constitutional right to keep and bear arms&amp;quot; 28(5) &lt;em&gt;Harvard Law Review&lt;/em&gt; (1915) 473, 476). &lt;a href=&#34;#fnref:12&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;/section&gt;
</description>
    </item>
    
    <item>
      <title>Sécurité informatique: le CAS plaide pour l&#39;ouverture</title>
      <link>https://golb.statium.link/post/20130405casouverture/</link>
      <pubDate>Fri, 05 Apr 2013 00:00:00 +0000</pubDate>
      <author>situveuxmonadresse@demande-la.moi (Christophe Masutti)</author>
      <guid>https://golb.statium.link/post/20130405casouverture/</guid>
      <description>&lt;p&gt;En matière de sécurité informatique, on ne le répétera jamais assez, les internautes sont bien souvent de vraies billes. Des mots de passe trop simples, utilisés pour tout type de connexion et n&amp;rsquo;importe quel site, utilisation de services Web gratuits mais peu respectueux des données personnelles… Sur un mode paranoïaque (mais sans exagération et en toute objectivité), tous ces usages inconsidérés concourent à la création d&amp;rsquo;un &lt;a href=&#34;http://www.framablog.org/index.php/post/2013/03/18/internet-etat-policier-surveillance&#34;&gt;Internet policier&lt;/a&gt; digne des &lt;a href=&#34;http://www.framablog.org/index.php/post/2013/03/31/La-surveillance-etatique-de-masse-ca-nous-regarde&#34;&gt;pires dictatures&lt;/a&gt;. Le Centre d&amp;rsquo;Analyse Stratégique a produit récemment une note intéressante en faveur d&amp;rsquo;un Internet ouvert et d&amp;rsquo;une informatique ouverte. Une analyse un peu à contre-courant du refrain habituel des politiques au service de l&amp;rsquo;industrie logicielle…&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cessons d&amp;rsquo;en douter, nos mauvaises habitudes sur nos outils informatiques sont dangereuses à la fois pour nous mêmes mais aussi pour la sécurité nationale, à commencer par les réseaux sociaux gratuits, première forme d&amp;rsquo;intrusion pour le cyberespionnage. L&amp;rsquo;utilisation de nos portables personnels (le plus souvent sans cryptage et sans mot de passe à l&amp;rsquo;ouverture) à des fins professionnelles sont aussi des techniques très faciles qui favorisent l&amp;rsquo;intrusion. Ces dernières années de multiples services et dispositifs informatiques se sont multipliés dans nos vies, et la diffusion de nos données personnelles ou professionnelles, que ce soit à des fins commerciales, de surveillance, ou d&amp;rsquo;espionnage (les trois étant souvent fortement liées) n&amp;rsquo;ont jamais été aussi faciles d&amp;rsquo;accès.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous faisons confiance à des société privées pour stocker nos données, nous faisons confiance à des sociétés privées pour utiliser des logiciels dont nous ignorons tout de la manière dont ils traitent nos données personnelles et professionnelles. Mais &amp;ldquo;nous&amp;rdquo; ne sommes pas les seuls. Les services de l’État sont eux-mêmes victimes de réflexes inconsidérés, comme le montrent par exemple les &lt;a href=&#34;http://www.april.org/lapril-demande-la-suspension-de-la-renegociation-du-contrat-microsoft-defense-et-la-transparence&#34;&gt;contrats passés avec des firmes privées&lt;/a&gt; (en particulier Microsoft) pour exploiter des services &amp;ldquo;clé en main&amp;rdquo;. Sur bien des points, des pans entiers du Service Public ont cédé au confort de la déresponsabilisation consistant à reporter l&amp;rsquo;engagement de sécurité des données sur des firmes privées, comme si des chartes et des contrats de papier apportaient à eux seuls le minimum de garantie. Qu&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;agisse des logiciels privateurs utilisés sur nos machines personnelles ou ces mêmes logiciels utilisés à l&amp;rsquo;intérieur de l&amp;rsquo;administration publique, la fermeture du code et la boîte noire des brevets logiciels reportent fatalement la sécurité des données sur la seule garantie de la transaction, du contrat, de la bonne foi… et pas sur ce qui devrait être diffusé : le code. La séparation entre les utilisateurs et les concepteurs en matière d&amp;rsquo;informatique, surtout élevée aux plus hauts niveaux des besoins de sécurité, est une grossière erreur. Le constat est le même du côté des entreprises, qu&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;agisse de celles qui exploitent nos données à des fins commerciales ou celles qui figurent parmi les plus innovantes et qui, pourtant, prennent bien plus de précaution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans sa &lt;a href=&#34;http://www.strategie.gouv.fr/content/cybersecurite-urgence-na324&#34;&gt;Note d&amp;rsquo;Analyse 324 de mars 2013&lt;/a&gt;, le Centre d&amp;rsquo;Analyse Stratégique fait une synthèse des questions actuelles de cybersécurité. La conclusion est la suivante :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Pour élever le niveau de sécurité, tout en tirant profit des avantages d’un Internet &lt;strong&gt;ouvert et décentralisé&lt;/strong&gt;, les organisations doivent adopter une démarche rationnelle d’analyse de risques afin de mettre en œuvre une réponse adaptée sur le plan technique et organisationnel. L’offre nationale de solutions de sécurité doit également se structurer pour permettre une meilleure valorisation des compétences technologiques françaises et garantir un plus haut degré de souveraineté.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Laissons de côté la question d&amp;rsquo;un &amp;ldquo;Internet Policier&amp;rdquo;, qui n&amp;rsquo;est finalement pas le centre du rapport et concentrons-nous sur l&amp;rsquo;idée que la sécurité doit tirer avantage d&amp;rsquo;un &amp;ldquo;Internet ouvert décentralisé&amp;rdquo;. Tout est dans ces deux mots: &amp;ldquo;ouvert&amp;rdquo; et &amp;ldquo;décentralisé&amp;rdquo;. Bien évidemment! Il suffisait d&amp;rsquo;y penser! Sauf que cela fait des années que les Internautes les plus éclairés, les hackers et avec eux tout le mouvement du logiciel libre prônent cette ouverture et cette décentralisation. Qu&amp;rsquo;est-ce que cela veut dire exactement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du point de vue de nos usages personnels, la décentralisation signifie que nous devons absolument cesser d&amp;rsquo;utiliser la pléthore de services gratuits pour stocker nos données tout en acceptant des conditions d&amp;rsquo;utilisation que nous ne lisons même pas. En gros : accepteriez-vous que, avant de les placer dans votre boîte, le facteur apporte d&amp;rsquo;abord vos lettres au magasin de meuble de votre quartier afin que celui-ci sache de quelle publicité vous avez besoin et dresse votre profil de consommateur? C&amp;rsquo;est pourtant exactement ce qui se passe chaque fois que vous recevez un courriel via votre compte gracieusement hébergé par des firmes bien connues. &lt;a href=&#34;http://www.lemonde.fr/sciences/article/2012/08/23/qui-veut-vos-donnees-personnelles_1749130_1650684.html&#34;&gt;Videz-vous souvent le cache de votre explorateur ?&lt;/a&gt; Accepteriez-vous que ces mêmes firmes privées, qui s&amp;rsquo;approprient vos données, acceptent de donner à l&amp;rsquo;État l&amp;rsquo;historique de vos transfert de données afin que des firmes vous poursuivent (c&amp;rsquo;est le rôle d&amp;rsquo;Hadopi) ou afin de démontrer vos agissements en faveur de davantage de démocratie dans votre pays (voir l&amp;rsquo;exemple de &lt;a href=&#34;http://www.pcinpact.com/archive/28215-Dissident-chinois-condamne-Yahoo-encore-impl.htm&#34;&gt;Yahoo! en Chine&lt;/a&gt;). Décentraliser les données signifie donc que nous devons rester maîtres et possesseurs de nos données, savoir à tout moment où elles se trouvent et par qui elles peuvent être lues, et donc pour cela utiliser des outils adéquats: héberger ses propres données sur son propre serveur à la maison (&lt;a href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/Auto-h%C3%A9bergement_%28Internet%29&#34;&gt;auto-hébergement&lt;/a&gt;), pour le mail comme pour votre page personnelle ou votre Cloud, savoir crypter ses courriels (&lt;a href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Pretty_Good_Privacy&#34;&gt;PGP&lt;/a&gt;), etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du point de vue des entreprises (et en particulier, par exemple, les journalistes) ou des services publics, la décentralisation revient à appliquer ces mêmes principes, présents depuis le début de l&amp;rsquo;Internet et DES réseaux. Dans leur grande majorité les responsables sont des personnes très informées sur ces questions et savent exactement comment optimiser la sécurité. Seulement, voilà, il existe des obstacles, ceux mentionnés par le CAS, et qui ont la particularité d&amp;rsquo;être finalement les mêmes que ceux rencontrés par les utilisateurs individuels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du point de vue de l&amp;rsquo;ouverture, la situation est encore plus simple : il ne saurait être acceptable d&amp;rsquo;utiliser des logiciels dont nous ne savons rien de la manière dont ils traitent nos données. Les sur-couches utilisées par les firmes pour &amp;ldquo;faciliter notre expérience utilisateur&amp;rdquo; sont, à 99% des cas, des verrous qui nous empêchent de maîtriser nos données. Une belle illustration réside dans les &amp;ldquo;stores&amp;rdquo;, qui nous obligent, en tant qu&amp;rsquo;utilisateurs, à ne pouvoir utiliser que des logiciels au préalable agréés par la firme qui produit le système d&amp;rsquo;exploitation que nous utilisons : fermeture du code, impossibilité d&amp;rsquo;adapter le code à nos besoins, obligation d&amp;rsquo;accepter qu&amp;rsquo;en échange une partie de nos données personnelles soient envoyées, stockées et utilisées à des fins commerciales… ou moins avouables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous ces verrous mis en place ces dernières années l&amp;rsquo;ont été de manière insidieuse, en échange de biens et de services auxquels nous n&amp;rsquo;avions jamais rêvé auparavant : se rapprocher de ses &amp;ldquo;amis&amp;rdquo; en utilisant un réseau social, obtenir &amp;ldquo;enfin&amp;rdquo; de la publicité ciblée, télécharger toujours plus vite des morceaux musicaux (sans pouvoir se les approprier vraiment), bref tout ce qui a fait qu&amp;rsquo;Internet est passé dans les représentations d&amp;rsquo;un moyen décentralisé de communication (de pair à pair) à une sorte de grosse télévision collective sans que nous puissions le moins du monde influencer les &lt;strong&gt;programmes&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je m&amp;rsquo;éloigne du sujet ? non. car il est temps maintenant de divulguer les 4 paragraphes les plus importants de cette &lt;a href=&#34;http://www.strategie.gouv.fr/content/cybersecurite-urgence-na324&#34;&gt;analyse du CAS&lt;/a&gt; (page 11):&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des blocages juridiques dommageables pour la sécurité&lt;/strong&gt; &lt;em&gt;Le cadre juridique français crée de nombreux blocages susceptibles d&amp;rsquo;affecter la sécurité des systèmes d&amp;rsquo;information :&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;la loi Godfrain de 1988(55) réprime les comportements informatiques &amp;ldquo;agressifs&amp;rdquo; : appliquée de manière stricte, elle condamne pénalement le fait de divulguer publiquement une faille de sécurité jusque-là inconnue (sécurité par transparence ou full disclosure) alors que cela incite les éditeurs de logiciels à concevoir des correctifs ;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;la rétroingénierie, qui consiste à étudier un objet pour en déterminer son fonctionnement interne ou sa méthode de fabrication, est interdite lorsqu&amp;rsquo;elle est effectuée pour des raisons de sécurité informatique(56). C&amp;rsquo;est pourtant le seul moyen d&amp;rsquo;évaluer le degré de sécurité de produits propriétaires ;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;des mesures techniques de protection (57) d&amp;rsquo;œuvres numériques peuvent créer des vulnérabilités dans les systèmes d&amp;rsquo;information. Ainsi, le système de protection XCP installait automatiquement un logiciel contenant des failles de sécurité lors de la lecture d&amp;rsquo;un CD audio. Or le contournement de ces mesures est interdit par la loi relative au droit d&amp;rsquo;auteur et aux droits voisins dans la société de l&amp;rsquo;information (DADVSI, 2006) ;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;les brevets logiciels offrent la possibilité d&amp;rsquo;obtenir un monopole sur des techniques algorithmiques, y compris lorsque celles-ci sont nécessaires pour assurer la sécurité. L&amp;rsquo;article 52 de la Convention sur le brevet européen de 1973(58) exclut les &amp;ldquo;programmes d&amp;rsquo;ordinateur&amp;rdquo; du champ des inventions brevetables, mais l&amp;rsquo;Office européen des brevets (OEB) délivre en pratique des brevets logiciels en raison d&amp;rsquo;une interprétation extensive de la Convention et d&amp;rsquo;un modèle économique et de gouvernance discutable.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Si on interprète dans l&amp;rsquo;ordre des 4 points, cela donne :&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Point 1 : ne pas séparer utilisateurs et programmeurs. Les premiers doivent pouvoir faire remonter plus facilement les améliorations des logiciels et les second doivent pouvoir s&amp;rsquo;approprier les commentaires… Dans ce cas de figure les utilisateurs doivent pouvoir eux-mêmes contribuer aux programmes en remontant les correctifs. Cela implique que le code doit être accessible.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Point 2 : le code doit être ouvert et accessible (donc modifiable) de manière à évaluer son degré de sécurité (son adaptation au besoin). Cette évaluation du code ne doit pas être faite uniquement par le concepteur (c&amp;rsquo;est un peu comme si vous demandiez à vote concessionnaire automobile si la voiture qu&amp;rsquo;il veut vous vendre est une bonne voiture, c&amp;rsquo;est pourtant ce qu&amp;rsquo;il se passe même aux plus hauts niveaux décisionnels).&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Mettre fin aux dispositifs de verrous numériques qui provoquent eux-mêmes des failles de sécurité au nom de l&amp;rsquo;intérêt des firmes. Ce point ne nécessite pas de commentaires, c&amp;rsquo;est le simple bon sens qui est à l&amp;rsquo;oeuvre.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Mettre fin aux brevets logiciel qui imposent un black-out total sur le code au nom de la propriété intellectuelle. Ce point ne devrait pas être négociable lorsqu&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;agit de sécurité des données… or c&amp;rsquo;est presque toujours de la sécurité des données qu&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;agit. Donc briser les brevets logiciels devrait être une mesure qui s&amp;rsquo;impose partout et tout le temps.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;En conclusion: l&amp;rsquo;utilisation des logiciels libres devrait s&amp;rsquo;imposer partout de manière à augmenter l&amp;rsquo;efficacité des mesures de sécurité (et donc la protection des données) grâce à l&amp;rsquo;accès aux programmes. Cela n&amp;rsquo;empêche nullement les firmes de travailler et d&amp;rsquo;innover, bien au contraire, puisque l&amp;rsquo;innovation serait une œuvre concertée vers plus d&amp;rsquo;efficacité dans les produits, et donc plus de sécurité, plus de respect des libertés (des individus, des services de l&amp;rsquo;État, des entreprises). C&amp;rsquo;est bien le but recherché, non ?&lt;/p&gt;
</description>
    </item>
    
    <item>
      <title>À propos de Mutt</title>
      <link>https://golb.statium.link/post/20110111aproposdemutt/</link>
      <pubDate>Tue, 11 Jan 2011 00:00:00 +0000</pubDate>
      <author>situveuxmonadresse@demande-la.moi (Christophe Masutti)</author>
      <guid>https://golb.statium.link/post/20110111aproposdemutt/</guid>
      <description>&lt;p&gt;Pour résumer simplement, Mutt est une sorte de navigateur de fichiers en mode texte spécialisé dans la lecture de boites courriel (comme le format mbox par exemple). Ainsi, à l&amp;rsquo;aide d&amp;rsquo;un &amp;ldquo;récupérateur&amp;rdquo; de courriel (comme fetchmail ou procmail) vous pouvez télécharger vos courriels, les stocker dans un dossier et les lire avec Mutt. Cela dit, Mutt est tellement bien qu&amp;rsquo;il peut lire des dossiers distants, en utilisant le protocole IMAP notamment. En d&amp;rsquo;autres termes si vous utiliser IMAP, Mutt peut (presque) se suffire à lui tout seul. De plus, Mutt n&amp;rsquo;a pas d&amp;rsquo;éditeur de texte intégré, et il s&amp;rsquo;utilise dans un terminal. Si vous voulez écrire un courriel, il vous faut configurer Mutt de manière à utiliser l&amp;rsquo;éditeur de votre choix. Et si vous voulez des couleurs, ce seront celles dont est capable d&amp;rsquo;afficher votre terminal. Ce billet vise à faire le point sur l&amp;rsquo;utilisation de Mutt et montre combien ce petit logiciel peut s&amp;rsquo;avérer très puissant.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;sil-est-si-petit-pourquoi-utiliser-mutt&#34;&gt;S&amp;rsquo;il est si petit, pourquoi utiliser Mutt?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mutt est un programme dans la droite lignée des programmes Unix. C&amp;rsquo;est un petit programme, réalisé pour effectuer un seul type de tâche, &lt;strong&gt;mais il le fait bien&lt;/strong&gt;. Ainsi pour utiliser convenablement Mutt, il faudra tout de même un peu de débrouillardise et de bon sens, surtout dans la mesure où Mutt est dit &amp;ldquo;hautement configurable&amp;rdquo;. Sa puissance vient tout simplement de ce que vous même avez configuré. C&amp;rsquo;est pour cela que Mutt est sans doute le client de courriel le plus efficace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici deux exemples rapides:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;ndash; Je possède un compte courriel sur un serveur et je veux y accèder en IMAP. Le processus est assez simple. Après avoir correctement configuré Mutt pour l&amp;rsquo;accès à mon compte, Mutt lira les dossiers sur le serveur, me renverra les en-têtes, me permettra de lire les courriels et si je désire envoyer un message, Mutt ira le placer dans la boîte d&amp;rsquo;envoi. De ce point de vue, Mutt effectue un travail de rapatriement de données, le serveur IMAP fait le reste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;ndash; Je possède un compte courriel et j&amp;rsquo;y accède en POP. A l&amp;rsquo;aide d&amp;rsquo;un &amp;ldquo;récolteur&amp;rdquo; de courriel, comme &lt;a href=&#34;http://www.procmail.org/&#34;&gt;procmail&lt;/a&gt; ou &lt;a href=&#34;http://fetchmail.berlios.de/&#34;&gt;fetchmail&lt;/a&gt;, je rapatrie mes données dans un dossier local et je configure Mutt pour qu&amp;rsquo;il lise les éléments de ce dossier. Le tri, les règles de stockage et classement reposent sur la configuration du &amp;ldquo;récolteur&amp;rdquo; que j&amp;rsquo;ai décidé d&amp;rsquo;utiliser (notez que fetchmail ou procmail sont de même &amp;ldquo;hautement configurables&amp;rdquo;). Vous pouvez lire &lt;a href=&#34;http://formation-debian.via.ecp.fr/mail-console.html&#34;&gt;cette page du manuel de formation Debian&lt;/a&gt; pour en apprendre davantage sur ce système&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;comment-utiliser-mutt&#34;&gt;Comment utiliser Mutt?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src=&#34;https://golb.statium.link/images/mutt_capture_ecran.png&#34; alt=&#34;Mutt capture d&amp;rsquo;écran&#34;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il vous faudra d&amp;rsquo;abord le configurer. Pour ce faire, le principe est simple: après avoir installé le programme via les dépôts de votre distribution, créez un fichier .muttrc dans votre /home. Ensuite il existe toute une série de commandes que vous pouvez renseigner pour faire fonctionner Mutt. Ces commandes concernent les modalités de connexion à un compte, les règles d&amp;rsquo;affichage des messages et de leurs en-tête, les règles de rédaction, les règles de tri et d&amp;rsquo;envoi, la personalisation des en-têtes des messages envoyés, les jeux de couleurs, l&amp;rsquo;éditeur de texte choisi, etc, etc. Bref, tout ce qui permet à Mutt de faire ce que vous lui demandez tout en coopérant avec d&amp;rsquo;autres programmes selon vos besoins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le seul bémol est qu&amp;rsquo;il vous faudra sans doute passer du temps à comprendre et implémenter ces commandes dans le fichier de configuration. En contrepartie, Mutt sera capable de faire tout ce que vous lui demandez et l&amp;rsquo;éventail des fonctionnalités est particulièrement grand et malléable. Mutt est vraiment un logiciel libre!&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;barre-latérale&#34;&gt;Barre latérale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Certains utilisateurs préfèrent avoir sous les yeux la liste des dossiers dans lesquels ils trient leurs messages. Lorsqu&amp;rsquo;un nouveau message arrive, il est signalé présent dans l&amp;rsquo;un des dossiers et l&amp;rsquo;utilisateur peut naviguer entre ces derniers. Nativement, Mutt n&amp;rsquo;intègre pas une telle barre latérale. Il faut alors patcher Mutt dans ce sens. Pour cela, certaines distributions, outre le fait de proposer Mutt dans les dépôts, proposent aussi le paquetage &lt;em&gt;mutt-patched&lt;/em&gt;. Si ce n&amp;rsquo;est pas le cas, il faut alors se rendre sur &lt;a href=&#34;http://www.lunar-linux.org/index.php?option=com_content&amp;amp;task=view&amp;amp;id=44&#34;&gt;le site officiel de ce patch&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;imprimer-avec-mutt&#34;&gt;Imprimer avec Mutt?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Imprimer avec Mutt, c&amp;rsquo;est déjà beaucoup dire. En fait, lorsque l&amp;rsquo;on configure Mutt en éditant .muttrc, il suffit d&amp;rsquo;ajouter cette commande&lt;/p&gt;
&lt;pre&gt;set print_cmd=&#34;lpr -P nom_de_l_imprimante&#34;&lt;/pre&gt;
&lt;p&gt;pour pouvoir imprimer (touche &amp;ldquo;p&amp;rdquo;) l&amp;rsquo;entrée courante. Mutt envoie alors le texte&amp;hellip; tout le texte visible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De même, selon l&amp;rsquo;éditeur de texte que vous utilisez avec Mutt pour écrire vos courriels, il possède sans aucun doute une fonction d&amp;rsquo;impression. Mais il ne s&amp;rsquo;agit que d&amp;rsquo;imprimer le texte que vous entrez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous aimeriez peut-être pouvoir formater l&amp;rsquo;impression et gérer la mise en page des courriels que vous imprimez. Pour cela &lt;a href=&#34;http://muttprint.sourceforge.net/&#34;&gt;Muttprint&lt;/a&gt; est un petit utilitaire configurable (lui aussi!) qui vous rendra de bien grands services, ne serait-ce que pour limiter l&amp;rsquo;impression aux en-têtes les plus utiles comme &lt;em&gt;date:&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;à:&lt;/em&gt;, et &lt;em&gt;de:&lt;/em&gt;. Certaines distributions proposent le paquetage &lt;em&gt;muttprint&lt;/em&gt;, il vous suffit alors de l&amp;rsquo;installer en quelques clics depuis les dépôts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Configurer Muttprint se fait de manière similaire à Mutt. Vous avez cependant le choix entre soit éditer directement le fichier /etc/Muttprint (donc en mode root), soit créer et éditer un fichier .muttprintrc dans votre /home, à coté de .muttrc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans .muttrc, au lieu de spécifier l&amp;rsquo;imprimante, vous devez alors dire à Mutt d&amp;rsquo;appeler Muttprint à la rescousse:&lt;/p&gt;
&lt;pre&gt;set print_command=&#34;muttprint&#34;&lt;/pre&gt;
&lt;p&gt;Et dans muttprintrc, il vous suffit de renseigner les commandes, en particulier celle-ci:&lt;/p&gt;
&lt;pre&gt;PRINT_COMMAND=&#34;lpr -P nom_de_l_imprimante&#34;&lt;/pre&gt;
&lt;p&gt;Le fichier /etc/Muttrc qui se crée lors de l&amp;rsquo;installation de Muttprint servira de modèle (à défaut d&amp;rsquo;être directement modifié lui-même). Il a l&amp;rsquo;avantage de voir chaque commande explicitée, ce qui le rend très facile à configurer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Petite astuce:&lt;/strong&gt; si dans l&amp;rsquo;en-tête que vous imprimez, vous désirez voir figurer un petit manchot linuxien, il vous suffit d&amp;rsquo;installer le paquetage &lt;em&gt;ospics&lt;/em&gt; qui ira placer une série de petit dessins dans /usr/share/ospics/. Il reste à faire appel à l&amp;rsquo;un d&amp;rsquo;entre eux (format .eps) pour égailler un peu vos impressions (mais vous pouvez très bien utiliser un autre fichier .eps de votre choix, comme le logo de votre labo, une photo de votre chien, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;gestion-des-profils&#34;&gt;Gestion des profils&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#34;https://statium.link/blog/wp-content/uploads/2016/10/mutt_capture_ecran_reponse.png&#34;&gt;&lt;img src=&#34;https://statium.link/blog/wp-content/uploads/2016/10/mutt_capture_ecran_reponse-300x219.png&#34; alt=&#34;mutt_capture_ecran_reponse&#34; width=&#34;300&#34; height=&#34;219&#34; class=&#34;aligncenter size-medium wp-image-287&#34; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous aimeriez peut-être utiliser plusieurs adresses courriel et signatures, selon vos destinataires ou les listes auxquelles vous êtes abonné. Pour cela il y a au moins deux possibilités.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La première est de partir de l&amp;rsquo;idée que vous rapatriez plusieurs boites courriel, par exemple avec fetchmail. Et que selon les boites que vous consultez et répondez aux correspondants, vous devez passer par un serveur smtp différent, avec une connexion (mot de passe) différente, une clé GPG différente, etc. Le petit utilitaire &lt;a href=&#34;http://www.acoustics.hut.fi/%7Emara/mutt/muttprofile.html&#34;&gt;Muttprofile&lt;/a&gt; est là pour gérer ce type de situation. Depuis Mutt, on peut alors passer d&amp;rsquo;un profil à l&amp;rsquo;autre via une série de macro adéquates. Certaines distributions proposent le paquetage &lt;em&gt;muttprofile&lt;/em&gt; dans leurs dépôts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela dit, le système précédent est un peu lourd à gérer (opinion personnelle de l&amp;rsquo;auteur de ces lignes). Il présente néanmoins le grand avantage de se prêter parfaitement à l&amp;rsquo;utilisateur qui héberge son propre serveur de courriel, où à celui qui tient vraiment à avoir une configuration relative à ses profils. Pour l&amp;rsquo;utilisateur qui souhaite fonctionner plus simplement, le mieux est encore de rapatrier toutes les boites courriel dans une seule depuis les serveurs (généralement, vous pouvez configurer cela depuis l&amp;rsquo;interface webmail de votre boite) et finalement ne consulter avec Mutt qu&amp;rsquo;une seule boîte. Il s&amp;rsquo;agit donc de ne passer que par un seul serveur au lieu de plusieurs. Mais dans ce cas, comment gérer ses profils?&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;hooks&#34;&gt;Hooks&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une fonctionnalité formidable de Mutt, ce sont les &amp;ldquo;hook&amp;rdquo;. Il s&amp;rsquo;agit de fonctions de type &amp;ldquo;si &amp;hellip; alors&amp;rdquo; qui sont très précieuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple, si j&amp;rsquo;ai besoin de spécifier une adresse en fonction d&amp;rsquo;une adresse d&amp;rsquo;un expéditeur ou d&amp;rsquo;une liste à laquelle je suis abonné, je peux écrire dans mon .muttrc la séquence suivante :&lt;/p&gt;
&lt;pre&gt;send-hook olivier.durand@machin.com my_hdr From: Patrick Dupont&lt;/pre&gt;
&lt;p&gt;Cette séquence permet de répondre à Olivier Durant en utilisant l&amp;rsquo;adresse Patrick Dupont (lorsque j&amp;rsquo;écris un message, Mutt repère la chaîne &amp;ldquo;olivier.durand&amp;rdquo; dans le champ &lt;em&gt;To:&lt;/em&gt; et place ce que je lui ai demandé dans le champ &lt;em&gt;From:&lt;/em&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre exemple: si je souhaite utiliser une adresse courriel précise lorsque je me situe dans un dossier (par exemple le dossier dans lequel je rapatrie les messages provenant de mon compte secondaire), alors je peux utiliser ce type de commande:&lt;/p&gt;
&lt;pre&gt;folder-hook laposte my_hdr From: Jean Dugenou&lt;/pre&gt;
&lt;p&gt;qui permet d&amp;rsquo;utiliser l&amp;rsquo;adresse Jean Dugenou lorsque je me situe dans le dossier /laposte (cela marche aussi bien en IMAP).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a beaucoup d&amp;rsquo;autres possibilités ouvertes par le système des &amp;ldquo;hook&amp;rdquo;, et, au fil du temps, vous finirez par constituer une suite de règles variées correspondant exactement à vos besoins. C&amp;rsquo;est aussi la raison pour laquelle vous avez tout intérêt à sauvegarder en lieu sûr une copie de votre .muttrc, histoire de ne pas avoir à tout refaire si vous perdez la première&amp;hellip;&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;commandes-et-variables&#34;&gt;Commandes et variables&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une autre particularité de Mutt est que l&amp;rsquo;apprentissage consiste essentiellement à comprendre son .muttrc et comparer avec celui des autres utilisateurs. Pour cela, il est possible de trouver sur internet des exemples bien faits de .muttrc, en particulier sur le site officiel (qui propose aussi un wiki). La liste des commandes et variables pour la configuration de Mutt se trouve sur &lt;a href=&#34;http://www.mutt.org/doc/manual/manual-6.html#ss6.1&#34;&gt;cette page du manuel en ligne&lt;/a&gt; et sa traduction en français sur &lt;a href=&#34;=%22http://cedricduval.free.fr/mutt/fr/download/Muttrc%22&#34;&gt;le site de Cedric Duval&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;léditeur-de-texte&#34;&gt;L&amp;rsquo;éditeur de texte&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Comme nous l&amp;rsquo;avons précisé plus haut, Mutt ne fait que naviguer dans votre courriel. Il ne permet pas d&amp;rsquo;écrire. Pour cela, il lui faut faire appel à un éditeur de texte. Le principe est, là encore, assez simple: lorsque vous écrivez un message, vous entrez le texte sous les en-têtes définies par Mutt (et que vous pouvez modifier &amp;ldquo;à la main&amp;rdquo;), vous quittez l&amp;rsquo;éditeur et Mutt reprend la main pour envoyer le message.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec Mutt, vous pouvez utiliser n&amp;rsquo;importe quel éditeur de texte de votre choix. Après l&amp;rsquo;installation, la configuration par défaut utilise l&amp;rsquo;éditeur par défaut de votre système. Si vous souhaitez en changer, il suffit de le déclarer dans .muttrc. En pratique, &lt;a href=&#34;http://www.vim.org/&#34;&gt;Vim&lt;/a&gt; ou &lt;a href=&#34;http://www.gnu.org/software/emacs/&#34;&gt;Emacs&lt;/a&gt; sont sans doutes les éditeurs les plus appropriés, Mutt ayant une apparence par défaut se rapprochant plutôt de Vim. Nano, un gentil petit éditeur de texte qui a aussi sa cohorte d&amp;rsquo;admirateurs, pourra de même combler vos attentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ceux qui désirent utiliser Vim, là encore, de manière optionnelle, vous pouvez créer un fichier .vimrc dans votre /home, de manière à configurer Vim pour une utilisation avec Mutt, entrer vos propres commandes par exemple. L&amp;rsquo;une d&amp;rsquo;entre elles (&lt;code&gt;syntax on&lt;/code&gt;) vous permettra d&amp;rsquo;utiliser un jeu de coloration syntaxique se rapprochant de Mutt (quoi que cela dépende des couleurs que vous avez configuré dans .muttrc).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[Attention, utilisateurs de Ubuntu, la version de Vim installée par défaut est Vim-Tiny. Il vaut mieux installer Vim dans sa version complète pour pouvoir faire ce que vous voulez avec .vimrc].&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;lire-les-messages-en-html&#34;&gt;Lire les messages en HTML&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour des raisons diverses (et pas toujours justifiées) certaines personnes aiment envoyer des courriel au format HTML, parfois même accompagnés d&amp;rsquo;images à l&amp;rsquo;esthétique douteuse censées &amp;ldquo;embellir&amp;rdquo; le message. Avec Mutt, il faut donc faire appel à un logiciel capable de lire le HTML. Il existe au moins plusieurs navigateurs en mode texte: Lynx, W3m, Elinks, Links, Links2&amp;hellip;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s&amp;rsquo;agit en fait d&amp;rsquo;utiliser les entrées mailcap pour reconnaitre le type d&amp;rsquo;information à traiter et faire appel au bon logiciel pour les afficher. Dans le fichier .muttrc, il faudra donc entrer le code permettant de faire appel au fichier .mailcap que vous devez créer dans votre /home:&lt;/p&gt;
&lt;pre&gt;set implicit_autoview
auto_view text/html  application/x-pgp-message
set mailcap_path=&#34;~/.mailcap&#34;
set mailcap_sanitize=yes&lt;/pre&gt;
&lt;p&gt;Puis, dans .mailcap, au choix :&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Si vous désirez utiliser Lynx*:
&lt;pre&gt;text/html; lynx -dump -force-html -assume_charset %{charset} -localhost %s; copiousoutput&lt;/pre&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Si vous désirez utiliser W3m:
&lt;pre&gt;text/html; w3m -dump %s; copiousoutput; nametemplate=%s.html&lt;/pre&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Si vous désirez utiliser Links ou Links2:
&lt;pre&gt;text/html; links2 -dump %s; nametemplate=%s.html; copiousoutput&lt;/pre&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Si vous désirez utiliser Elinks:
&lt;pre&gt;text/html; elinks -default-mime-type text/html %s; needsterminal;&lt;/pre&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Dans le cas Lynx, vous noterez la séquence &lt;code&gt;-assume_charset %{charset}&lt;/code&gt;. Elle vise à tirer avantage de la configuration de Lynx utilisant le paramètre assume_charset afin de lire correctement la majorité des messages et leur encodage.&lt;/p&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;L&#39;option -dump permet l&#39;affichage dans le même processus que Mutt, c&#39;est à dire dans la même fenêtre. Si vous désirez utiliser les navigateurs de manière autonome, puis, en les quittant, revenir automatiquement à Mutt:
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;&lt;code&gt;text/html; Lynx %s; nametemplate=%s.html&lt;/code&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;code&gt;text/html; w3m %s; nametemplate=%s.html&lt;/code&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;code&gt;text/html; links2 %s; nametemplate=%s.html&lt;/code&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Attention: si votre système est configuré en UTF8 (Locales), c&amp;rsquo;est cet encodage qui sera utilisé par le navigateur que vous aurez choisi. Un avantage de Links(2) est que si le &amp;ldquo;content-type&amp;rdquo; du courriel envoyé n&amp;rsquo;est pas ou mal renseigné, ou si l&amp;rsquo;encodage n&amp;rsquo;est pas le même que le vôtre, alors ce navigateur gèrera les défauts d&amp;rsquo;affichage (par exemple les lettres accentuées) en trouvant des solutions permettant une lecture agréable du courriel.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;le-carnet-dadresses&#34;&gt;Le Carnet d&amp;rsquo;adresses&lt;/h2&gt;
&lt;h3&gt;Les alias, mode classique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Mutt intègre un système de répertoire d&amp;rsquo;adresses très simple. Un fichier d&amp;rsquo;adresse est créé dans lequel vous enregistrez vos contacts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, dans votre .muttrc, vous pouvez indiquer ceci :&lt;/p&gt;
&lt;pre&gt;#CARNET ADRESSES
set alias_file = ~/.mutt/adresses
source ~/.mutt/adresses&lt;/pre&gt;
&lt;p&gt;Cela aura pour effet d&amp;rsquo;enregistrer vos alias dans &lt;code&gt;/.mutt/adresses&lt;/code&gt; et de rechercher ces alias dans ce même fichier (source).&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;Utilisation de Abook&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Abook est un petit programme de gestion de contacts fait pour fonctionner avec Mutt. Plus élaboré que le systèmes des alias (cf. ci-dessus), il permet notamment l&amp;rsquo;import et l&amp;rsquo;export de carnets d&amp;rsquo;adresses dans différents formats et surtout il présente une interface graphique et stocke davantage d&amp;rsquo;informations sur vos contacts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Abook doit certainement être disponible dans les paquets de votre distribution. Le site du projet se trouve à &lt;a href=&#34;http://abook.sourceforge.net/&#34;&gt;cette adresse&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour utiliser Abook avec Mutt, il suffit de configurer votre .muttrc ainsi:&lt;/p&gt;
&lt;pre&gt;# Abook
set query_command= &#34;abook --mutt-query &#39;%s&#39;&#34;
macro index,pager A &#34;abook --add-email-quiet&#34; &#34;Ajouter l&#39;expediteur dans abook&#34;&lt;/pre&gt;
&lt;p&gt;Cela aura pour effet de permettre à Mutt de faire appel à Abook, deux deux manières : en tapant &lt;strong&gt;A&lt;/strong&gt; (au lieu de &lt;strong&gt;a&lt;/strong&gt;, utilisé pour les alias), l&amp;rsquo;expéditeur sera ajouté au carnet de Abook. Et pour utiliser Abook &amp;ldquo;à l&amp;rsquo;intérieur de Mutt&amp;rdquo;, c&amp;rsquo;est à dire dans le même terminal, il suffira de faire &lt;strong&gt;CTRL+t&lt;/strong&gt; lors de l&amp;rsquo;entrée du destinataire. La liste des contacts de Abook apparaîtra alors.&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;blockquote&gt;
  Le logo de Mutt affiché en haut à gauche n&#39;est pas le logo officiel (mais il est très joli). Il a été créé par Malcolm Locke. Vous pouvez vous le procurer &lt;a href=&#34;http://wholemeal.co.nz/%7Emalc/mutt-logo/&#34;&gt;ici&lt;/a&gt;, ainsi que sa licence (creative common).
&lt;/blockquote&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&#34;http://www.mutt.org/&#34;&gt;Site officiel&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&#34;http://wiki.mutt.org/&#34;&gt;Le wiki de Mutt&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&#34;http://cedricduval.free.fr/mutt/fr/&#34;&gt;Documentation en francais&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&#34;http://cedricduval.free.fr/mutt/fr/download/Muttrc&#34;&gt;Toutes les variables de Mutt dans ce muttrc&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&#34;http://www.vinc17.org/mutt/index.fr.html&#34;&gt;Une présentation de Mutt&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&#34;http://chl.be/glmf/www.linuxmag-france.org/old/lm2/mutrc.html&#34;&gt;Un autre fichier muttrc commenté&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&#34;http://www.ucolick.org/%7Elharden/learnmutt.html&#34;&gt;Se servir de Mutt&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
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