Oui au chiffrement, non à la liberté
Dans cet article, nous allons voir comment la stratégie gouvernementale en matière de chiffrement suppose de limiter nos libertés numériques pour favoriser une économie de la norme à l’exclusion du logiciel libre. Telle est la feuille de route d’Emmanuel Macron.
Il y a quelque temps, j’ai écrit un article intitulé « Le contrat social fait 128 bits… ou plus ». J’y interrogeais les velléités gouvernementales à sacrifier un peu plus de nos libertés afin de pouvoir mieux encadrer les pratiques de chiffrement au nom de la lutte contre le terrorisme. Le ministre Manuel Valls, à l’époque, faisait mention de pratiques de « cryptologie légales », par opposition, donc, à des pratiques illégales. Ce à quoi toute personne moyennement intelligente pouvait lui faire remarquer que ce n’est pas le chiffrement qui devrait être réputé illégal, mais les informations, chiffrées ou non. L’idée de Valls était alors de prévenir de l’intention du gouvernement à encadrer une technologie qui lui échappe et qui permet aux citoyens de protéger leur vie privée. L’ennemi, pour qui conçoit l’État sous une telle forme archaïque, ce n’est pas la vie privée, c’est de ne pas pouvoir choisir ceux qui ont droit à une vie privée et ceux qui n’y ont pas droit. De là à la lutte de classe, on n’est pas loin, mais nous ne suivrons pas cette direction dans ce billet…