Statium Blog
[  Christophe Masutti  ]
   

# capitalisme

La chaleur de l’été ne nous fait pas oublier que nous traversons une crise dont les racines sont bien profondes. Pendant que nos forêts crament, que des oligarques jouent aux petits soldats à nos portes, et vu que je n’avais que cela à faire, je lisais quelques auteurs, ceux dont on ne parle que rarement mais qui sont Ô combien indispensables. Tout cela raisonnait si bien que, le temps de digérer un peu à l’ombre, j’ai tissé quelques liens avec mon sujet de prédilection, la surveillance et les ordinateurs. Et puis voilà, paf, le déclic. Dans mes archives, ces mots de Sébastien Broca en 2019 : « inscrire le capitalisme de surveillance dans une histoire plus large ». Mais oui, c’est là dessus qu’il faut insister, bien sûr. On s’y remet.

Je vous livre donc ici quelques réflexions qui, si elles sont encore loin d’être pleinement abouties, permettront peut-être à certains lecteurs d’appréhender les luttes sociales qui nous attendent ces prochains mois. Alimentons, alimentons, on n’est plus à une étincelle près.

Monopoly Capital

☙  Posté le 11-12-2019

« Aux États-Unis comme dans tous les autres pays capitalistes, les masses dépossédées n’ont jamais été en mesure de déterminer leurs conditions de vie ou les politiques suivies par les différents gouvernements. Néanmoins, tant que démocratie signifiait le renversement du despotisme monarchique et l’arrivée au pouvoir d’une bourgeoisie relativement nombreuse, le terme mettait l’accent sur un changement majeur de la vie sociale. Mais qu’est-il resté de ce contenu de vérité dans une société où une oligarchie minuscule fondée sur un vaste pouvoir économique et contrôlant pleinement l’appareil politique et culturel prend toutes les décisions politiques importantes ? Il est clair que l’affirmation selon laquelle une telle société est démocratique ne fait que dissimuler la vérité au lieu de la mettre à jour. » (P. A. Baran, P. Sweezy, Monopoly Capital, 1966).

Fuckapital

☙  Posté le 07-06-2019

Il n’est pas toujours facile d’expliquer en quoi consiste le capitalisme de surveillance. C’est encore moins facile si l’approche que l’on choisit n’est pas tout à fait celle qui a le vent en poupe. Doit-on pour autant se contenter d’une critique édulcorée du capitalisme de surveillance ? Elle n’offre qu’une alternative molle entre un capitalisme immoral et un capitalisme supportable. Essayons de ne pas avoir à choisir entre la peste et le choléra.