Ce que le capitalisme de surveillance dit de notre modernité
Cette partie de mon ouvrage (à paraître en automne 2019) intervient après une lecture critique du texte de J. B. Foster et R. W. McChesney (« Surveillance Capitalism. Monopoly-Finance Capital, the Military-Industrial Complex, and the Digital Age ») paru en 2014. Comme on le verra dans la suite de l’ouvrage, l’approche critique de Shoshana Zuboff est loin de satisfaire une lecture intégrée de l’histoire économique et politique du capitalisme de surveillance. À mon avis, c’est chez Anthony Giddens qu’on peut trouver assez de matière pour pouvoir mieux comprendre pour quelles raisons on ne peut pas décorréler l’histoire du capitalisme de surveillance de la modernité occidentale et donc des modèles organisationnels qui prévalent depuis un siècle au moins. Le post-modernisme (et avec lui on pourrait inclure les idéologies plus ou moins libertaires et californiennes des années 1980) nous a rendu en réalité bien démunis pour penser cet écrasement des sociétés par la surveillance, et en particulier à cause des conjonctures économico-politiques (et leur modèle américain).