Loi Renseignement. Totalitarisme ou désespérance
Le projet de loi Renseignement, aprĂšs avoir Ă©tĂ© votĂ© avec une Ă©crasante majoritĂ© Ă l’AssemblĂ©e nationale passe actuellement par les grilles du SĂ©nat et se retrouvera cet Ă©tĂ© devant le Conseil constitutionnel Ă la demande d’une soixantaine de dĂ©putĂ©s. Ceux qui ont suivi les dĂ©bats et constatĂ© l’extraordinaire tĂ©nacitĂ© des initiateurs de ce projet de loi, ne peuvent qu’ĂȘtre horrifiĂ©s de la maniĂšre dont furent imposĂ©s les arguments et le texte de la loi dans un dialogue de sourds. Ce dernier confrontait non pas les idĂ©es politiques entre Ă©lus reprĂ©sentants du peuple et sa diversitĂ©, mais entre la sociĂ©tĂ© civile et la classe politique conçus comme des AtrĂ©e et Thyeste que rien ne peut plus concilier. La dialectique entre sĂ©curitĂ© et libertĂ© dans le domaine de la surveillance des communications est un sujet qui laissait supposer qu’un tel texte devait faire l’objet d’analyse et d’expertise autrement plus poussĂ©es, en prenant le temps, loin des passions suscitĂ©es par le terrorisme. Une telle loi laisse-t-elle dĂ©sormais planer l’ombre du totalitarisme en rĂ©ponse Ă la peur et aux tensions mondialisĂ©es ? Sommes-nous subrepticement en train d’abandonner nos idĂ©aux dĂ©mocratiques et rĂ©publicains ?