# Libertés

Sentiers et randonnée : le grisbi du Club Vosgien

En octobre 2019, après un bon repas dans un restaurant montagnard, la Direction du Parc Naturel Régional des Ballons des Vosges et le Club Vosgien ont signé une charte de protection des sentiers pédestres. Ils entendent ainsi définir l’exclusivité des usages et tentent de légitimer une discrimination entre les piétons et les autres usagers, en particulier les VTT. Si cette charte n’a qu’une valeur juridique potentielle, elle n’en demeure pas moins une démarche qui pourra essaimer dans les autres parcs naturels, et c’est toute une activité sportive (et touristique) qui en subira les conséquences.

Ce que le capitalisme de surveillance dit de notre modernité

Cette partie de mon ouvrage (à paraître en automne 2019) intervient après une lecture critique du texte de J. B. Foster et R. W. McChesney (« Surveillance Capitalism. Monopoly-Finance Capital, the Military-Industrial Complex, and the Digital Age ») paru en 2014. Comme on le verra dans la suite de l’ouvrage, l’approche critique de Shoshana Zuboff est loin de satisfaire une lecture intégrée de l’histoire économique et politique du capitalisme de surveillance. À mon avis, c’est chez Anthony Giddens qu’on peut trouver assez de matière pour pouvoir mieux comprendre pour quelles raisons on ne peut pas décorréler l’histoire du capitalisme de surveillance de la modernité occidentale et donc des modèles organisationnels qui prévalent depuis un siècle au moins.

Misère numérique

Les techniques ont toujours créé des formes de dépendances. C’est leur rôle, leur définition. Dans la lutte pour la survie dans un environnement hostile ou pour pallier les caprices du corps, la technologie a toujours été pour l’homme la source créative des supports cognitifs, mécaniques, biologiques. Mais par-dessus tout, fruits des apprentissages, elle suscite d’autres apprentissages encore : apprendre à utiliser des béquilles, apprendre à gérer ses doses d’insuline avec une pompe, apprendre à conduire une voiture, apprendre à utiliser un ordinateur, apprendre à utiliser Internet.

Définitions du capitalisme de surveillance

Notre quotidien est enregistré, mesuré, considéré comme une somme de procédures dont la surveillance consiste à transformer l’apparent chaos (et notre diversité) en ordre. Tous les acteurs économiques et institutionnels y ont un intérêt. Pour beaucoup, c’est d’un nouveau capitalisme qu’il s’agit : le capitalisme de surveillance. Mais peut-on lui donner une définition claire ? Je vais essayer… Avec son récent ouvrage, Das Zeitalter Des ÜberwachungsKapitalismus1, Shoshana Zuboff nous livre une critique des plus intelligentes de ce qu’elle nomme le capitalisme de surveillance.

Capitalisme de surveillance ?

Dans une série d’article intitulée Les Léviathans, j’ai longuement présenté le concept de capitalisme de surveillance développé par Shoshana Zuboff. L’interprétation reste toujours prisonnière de l’objet, au moins en partie : en l’occurrence, il y a une chose que je n’ai pas précisé dans ces articles, c’est la provenance du concept. Les premiers à avoir formulé et développé le capitalisme de surveillance sont John Bellamy Foster et Robert W. McChesney en juin 2014 dans un article paru dans la Monthly Review, dont le titre devrait toujours être donné in extenso : « Surveillance Capitalism Monopoly-Finance Capital, the Military-Industrial Complex, and the Digital Age ».